Nathalie Parenteau à Yellowknife : Zéro degré de séparation

22 septembre 2016
Nathalie Parenteau et sa nouvelle pièce « Le gardien du gerfaut ».(Crédit photo : Sandra Inniss)

Nathalie Parenteau et sa nouvelle pièce « Le gardien du gerfaut ».(Crédit photo : Sandra Inniss)

L’artiste franco-yukonnaise Nathalie Parenteau a été invitée à Fort Smith pour animer un atelier de peinture au Northern Life Museum & Cultural Centre, en ce début d’automne. Elle en a profité pour faire le détour par le Northern Images qui expose ses œuvres depuis 12 ans à Yellowknife, qu’elle a visité pour la première fois. Tous les signes indiquaient qu’il était temps pour un séjour aux Territoires.

Nathalie, que penses-tu de Yellowknife jusqu’à maintenant?
J’adore ça, ça me fait penser à Montréal. À Whitehorse on n’a pas des édifices comme ça. Il y a un feeling un peu plus métropolitain qu'à Whitehorse. Mais tu te rends compte quand tu sors de la ville, qu'il n’y a pas autre chose... Quand j’étais jeune, j’étais fascinée par les Territoires, la toundra, le terrain des Inuits. Finalement, je suis allée au Yukon, mais je n’avais jamais fait le pèlerinage jusqu’ici.

Depuis combien de temps vis-tu à Whitehorse?
Ça fait 33 ans que je suis arrivée. J’étais une petite jeunesse dans le groupe Katimavik. Quand le programme a fini, l’été commençait et j’ai fait le trip «granola maximal». Plus tard, j’ai été faire des études en Ontario, en biologie, mais la vie au Yukon est tellement facile, plaisante, c’est un parc national en soi. Alors c’est dur de laisser ça, parce que le paysage est de toute beauté.

On sent que tu t’inspires beaucoup de la nature dans tes œuvres, comment est-ce qu’elle s’est intégrée dans ta démarche?
En biologie, j’ai appris à célébrer les animaux. Je célèbre les gens aussi, mais les animaux sont des sculptures vivantes. Ils sont toujours beaux! Maintenant, j’explore plus le voyage intérieur, en incorporant la relation entre une personne et le mystérieux monde autour d’elle. Et puis, j’aime laisser les gens découvrir l’histoire [d’une peinture]. Pour l’Oracle du renard, une dame est venue à moi et m’a raconté la légende de l’Arctique d’une femme qui sort de sa hutte pour aller chercher son mari disparu et qui, quand elle revient chez elle, s’est transformée en renarde. Ça m’a donné la chair de poule. Mon art c’est quelque chose qui existe en lui-même et c’est une aventure que j’adore. Les idées viennent d’elles-mêmes.

Et qu’est-ce qui t’inspire du Nord?
Le Nord, c’était encore la dernière frontière quand je suis arrivée, maintenant c’est plus [embourgeoisé]. Dans le temps, on pouvait faire du squatting, j’ai pas mal tout fait de ce trip là, de grano. On était à 5 miles d’un petit village amérindien, sur un lac, dans le bois. On allait chercher le courrier en canot, en ski, on coupait du bois toute la journée. Pour moi, c’était très inspirant. Je vivais dans un tipi, dont le plancher était en branches de sapins. Ça sentait comme l’encens, avec le poêle à bois au milieu, je tripais.

Comment as-tu l’impression que ces expériences s’intègrent dans ta vie aujourd’hui?
J’ai développé une connexion de 0 degré de séparation avec la nature. Je pense que ça a déteint sur moi. Ça coule dans mes veines.


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