Yoga: au delà des postures

Sylvie Boisclair offrira pour une 3e édition la formation professorale de yoga Do Something, en juillet prochain.
 

Elle ouvre le premier centre de yoga de Yellowknife en 2004, deux ans après avoir reçu sa formation professorale à l’ashram Sivananda situé aux Bahamas. Seule pour enseigner 21 classes par semaine, Sylvie Boisclair a assurément eu l’occasion d’approfondir sa pratique et ses méthodes d’enseignement au cours des quatre années d’opération de son centre. Elle enseignera par la suite à des aspirants professeurs, au même endroit où elle a elle-même étudié quelques années plus tôt.
Au fil du temps, en intégrant ses fondations de yoga classique de Sivananda à une approche plus contemporaine du yoga, Sylvie Boisclair crée la routine Do Something Yoga : un peu plus de mouvement et de variété que l’approche classique, décrit-elle.
Sa méthode d’enseignement, à Yellowknife, se veut plus intimiste qu’à l’ashram (imaginez un monastère, mais pour le yoga) où elle enseigne depuis plusieurs années. L’enseignante est plus accessible : alors qu’à l’ashram les groupes atteignent 50 élèves, à Yellowknife on en compte une quinzaine tout au plus.
Ce n’est pas de tout repos pour autant. L’entrainement est intensif et s’échelonne sur un mois.
« C’est sûr qu’il va y avoir des moments où tu as l’impression que tu arrives dans le goulot. S’il n’y a pas ça dans un TTC (teacher’s training course), je m’inquiète », dit-elle, en ajoutant que l’être humain est tellement habitué de tourner l’attention vers l’extérieur, que de faire un plongeon vers soi peut faire peur. À ce sujet, elle se veut rassurante mais directe : «On n’a rien pour rien. Ce n’est pas plus compliqué que ça. »

Méditation et mantras
La portion philosophique de la formation se concentre sur le livre Meditation and Mantras de Swami Vishnudevananda.
« Pour les nouveaux étudiants, un des éléments les plus importants concernant la philosophie porte sur les huit étapes du yoga, détaille-t-elle. Les gens arrivent souvent avec une frustration. Ils se disent : Je sais qu’il y a plus au yoga que les postures, mais quoi? Et les trois semaines donnent les outils pour en comprendre les bases et aller plus loin. Ça permet de placer les pions, dans ce gros brouillard. »
Si le yoga ne se limite pas à la pratique de postures, qu’y a-t-il de plus à connaître? « Le yoga, c’est d’unir notre force avec toutes les autres pour s’apercevoir qu’il n’y a pas de dualité, tout est un. Il n’y a plus de Ah, eux autres!. La différence on la crée. Tout ça, c’est des causes de souffrance, la personne qui commence une démarche en yoga [peut] s’apercevoir que l’autre, c’est elle. Quand tu fais mal à quelqu’un, tu te fais mal à toi. »

Un esprit de communauté
Norma French-Heslep a fait partie du premier groupe de Do Something Yoga et enseigne un cours de méditation au centre correctionnel du Slave Nord, une prison de Yellowknife. Elle est ravie de cet esprit de camaraderie, de pouvoir recroiser les visages de son groupe, ce qu’elle n’avait pas eu l’occasion de vivre lors d’une formation similaire à Victoria, en Colombie-Britannique.
« Ça entretient la motivation que tu avais au début, de revoir les personnes avec qui tu as étudié, comme tu ne t’es pas nécessairement lancé dans l’enseignement tout de suite. Le fait de se rassembler, ça nous permet de retrouver toute cette énergie et permet de s’y remettre. C’est un gros plus », relate Chloé Fiet, qui a participé à la deuxième formation.

Différents profils
Madame Heslep avait déjà suivi une formation à Victoria en 2008, mais elle a décidé de participer à la formation que Sylvie offrait pour mettre ses connaissances à jour et acquérir plus de confiance. Elle ajoute également que la formation lui a permis d’adapter sa pratique.
« Je pensais que j’allais arrêter d’enseigner le yoga parce que j’étais plus âgée et Sylvie m’a fait comprendre le niveau que je devais enseigner pour ne pas laisser tomber. J’ai compris comment changer ma pratique. Il y a beaucoup de personnes âgées qui ont besoin de ça. Je veux donc être en mesure de pouvoir les aider », dit-elle.
Initié d’abord au yoga pour la prévention de blessures, Tyler Rentmeister est un hockeyeur de longue date. Il devient professeur de yoga tout de suite après la formation professorale de Sylvie. « Je ne me suis jamais senti aussi bien physiquement que durant cette formation. »
Chloé Fiet se sent quant à elle plus autonome dans sa pratique, même si elle n’enseigne pas encore. « Je reconnais plus facilement les limites de mon corps de par les connaissances que j’ai acquises », affirme la Franco-Ténoise.
Sylvie Boisclair offrira la formation Do Something Yoga de nouveau en juillet. Ce sera peut-être la dernière fois qu’elle l’enseignera à Yellowknife, puisqu’elle réside maintenant à Edmonton.

L’auteure de cet article a participé à la formation professorale Do Something Yoga en juillet 2016.
 


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