Marché de l’habitation : Yellowknife, une capitale hors de prix

10 juin 2010
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Regine Durand est intervenue devant les participants de la table ronde annuelle sur le marché de l'habitation à Yellowknife.(Phtoto : Maxence Jaillet)

Regine Durand est intervenue devant les participants de la table ronde annuelle sur le marché de l'habitation à Yellowknife.(Phtoto : Maxence Jaillet)

Le prix exorbitant des maisons existantes et le faible nombre de nouvelles habitations font de Yellowknife une ville concentrée sur un marché locatif saturé.

 

La surprise est de taille et a déstabilisé plusieurs participants de la table ronde annuelle sur l’habitation à Yellowknife, organisée par la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) : durant les trois premiers mois de l’année 2010, le prix de vente moyen d’une habitation à Yellowknife se situait autour de 360 000 dollars. Dans la capitale voisine, ce prix moyen s’élève à 300 000 dollars, ce qui est le quatrième rang parmi les prix moyens enregistrés à Whitehorse depuis 2004.

« Vous êtes obligés de louer, s’indigne Matthew Spence, qui a participé à cette rencontre en tant que promoteur de nouvelles habitations modulaires. Les unités ne sont pas abordables, il vous faut un revenu supérieur à 120 000 dollars pour vous permettre une hypothèque de cette ampleur. Je trouve cela triste que seuls les vieux fonctionnaires puissent le faire. » M. Spence estime que, durant la présentation du directeur de la Société d’habitation des TNO ou celle de la Ville, aucune solution n’a été avancée pour résoudre le problème de manque de logements abordables à Yellowknife.

Selon le maire de Yellowknife, les discussions sont en cours pour parvenir à des solutions tangibles. « La Ville, la Société d’habitation et la SCHL sont au point de développer des initiatives pour créer plus d’opportunités afin de régler la situation », déclare Gordon Van Tighem. Ce dernier cite certaines avenues qui peuvent êtres mises en œuvre rapidement, comme des programmes d’intensification des logements, où sur des lots dénombrant deux ou trois habitations, il serait bénéfique de construire une habitation collective de plusieurs étages. « La clé dans tout cela, c’est que les promoteurs parlent et consultent la population avoisinante. Pour tout bonnement devenir de bons voisins », prétend le maire, qui estime que le fait d’aller d’un bout à l’autre de Yellowknife en moins de 10 minutes est l’une des qualités de Yellowknife. « Il faut continuer sur cette lancée et ne pas trop s’éparpiller. »

Regine Durand, qui est analyste de marché pour la SCHL, rapporte que d’après les consultations qu’elle a menées auprès des acteurs du secteur de l’habitation dans le Nord, les perspectives sont plus roses à Yellowknife qu’à Whitehorse. « On va observer une augmentation de 25 % de la mise en chantier à Yellowknife, alors qu’à Whitehorse, elle semble vouloir diminuer », avance-t-elle. Mme Durand rappelle que le produit intérieur brut des TNO est voué à croître grâce à la reprise des marchés diamantaires. En restant très protectionniste, la SCHL évalue à près de 20 le nombre total de chantiers qui seront entrepris en 2010. « Cette estimation représente plus d’une centaine d’unités dispersées en logements individuels (60 %) ou collectifs (40 %) », précise l’analyste.

En entrevue, le maire de Yellowknife s’est remémoré le temps où il est arrivé à Yellowknife, il y a une vingtaine d’années. « À cette époque, le prix d’une maison avoisinait déjà les 300 000 dollars, et Yellowknife jouait dans la même cour que Vancouver. Maintenant, si l’on regarde la ville olympique, les maisons sont rendues à plus de 740 000 dollars », compare-t-il.

 

Marché locatif toujours serré

En 2009, le loyer mensuel d’un appartement de deux chambres situé à Yellowknife s’élevait en moyenne à 1 473 $, alors qu’il était de 1 411 $ en octobre 2008. Les prévisions pour le loyer mensuel moyen en capitale ténoise, révélées par le survol du marché de l’habitation produit par la SCHL, indiquent que « la plupart des locataires devront payer seulement 7 $ de plus par mois », alors qu’un deux chambres se louera 1 480 $ au mois d’octobre 2010. L’an dernier, après qu’une étude avait laissé croire à une ouverture des marchés de loyer à Yellowknife, avec un taux d’inoccupation estimé à 6 %, la SCHL sortira dans quelques jours les résultats d’une nouvelle enquête sur le taux d’inoccupation. « Il faut s’attendre à ce que le taux revienne à un pourcentage auquel Yellowknife est maintenant habituée. C’est à dire à un taux d’inoccupation des appartements au-dessous de 2 % », confie Regine Durand.