Santé en français : Yellowknife, sexe et soleil

29 juillet 2010
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Dans les toilettes de plusieurs bars de Yellowknife, des condoms sont distribués gratuitement. (Photo : Maxence Jaillet)

Dans les toilettes de plusieurs bars de Yellowknife, des condoms sont distribués gratuitement. (Photo : Maxence Jaillet)

L’été bat son plein et le réseau TNO santé en français en profite pour informer la population sur la santé sexuelle.

Plus que quelques révisions et les premières capsules Sexoquiz déferleront bientôt sur la toile Internet issue des TNO. Sexoquiz, ce sont des séquences audiovisuelles interrogeant des adolescents franco-ténois et leurs amis sur la sexualité et les infections transmissibles sexuellement (ITS). Les premières capsules de cette série de six seront bientôt mises en ligne sur différents portails Internet tels que Facebook et le site Respectetoi.ca du ministère de la Santé et des Services sociaux des TNO. Le Réseau TNO Santé en français, qui est l’instigateur de ce projet, a beaucoup collaboré avec Jeunesse TNO et ses membres. Il est donc essentiel, selon Jean de Dieu Tuyishime, coordonnateur du Réseau TNO Santé en français, que la page du réseau social de Jeunesse TNO propose de visionner les vidéos à tous ses contacts. Damien Healy, qui assure les communications au ministère de la Santé et des Services sociaux, est lui aussi enthousiaste à l’idée de pouvoir diffuser ces séquences qui toucheront directement les jeunes. « C’est du contenu sur notre site, il est certain que nous souhaitons les héberger », insiste-t-il.

Mais Jean de Dieu Tuyishime veut faire bien plus que diffuser cette demi-douzaine de capsules sur Internet. Il prévoit réunir quelques acteurs de ces séquences pour effectuer un lancement à Yellowknife et organiser des séances de discussion dans les écoles secondaires d’immersion et à l’école francophone. « Notre cible, ce sont les jeunes, à partir de 13 ou 14 ans, de la 7e année en montant. Il est important également de toucher les parents de ses adolescents via les associations de parents d’élèves ou les associations culturelles. Car il faut leur faire comprendre qu’ils ont un rôle à jouer dans l’éducation et la santé sexuelle de leur enfant », insiste le coordonnateur. Si la présentation virtuelle se fera au compte-goutte au cours du mois d’août, c’est après la rentrée scolaire que se dérouleront ces présentations sur le terrain.

Des préservatifs francophones

Cet été, c’est le Réseau TNO Santé en français qui distribue des préservatifs à qui veut, et bien que les pochettes d’information emballant les condoms ne seront pas traduites avant deux semaines, ce sont une dizaine de bars, boîtes de nuit ou de motels de Yellowknife qui offrent à leurs clients toutes les chances d’avoir des relations sexuelles sécuritaires. Chaque semaine, les stocks de préservatifs disponibles dans les toilettes pour hommes et pour femmes de ces établissements sont renouvelés. Les affiches promotionnelles sont aussi inspectées pour déceler des traces de vandalisme ou autres, ce qui démontrerait toutefois un intérêt. « Nous distribuons entre 800 et 1000 condoms par semaine, explique Jean de Dieu Tuyishime. Nous nous assurons de déposer autant de préservatifs chez les femmes que chez les hommes, et ce, durant tout l’été. Nous agissons durant la période où l’achalandage de jeunes adultes est le plus important en ville. L’été, c’est quand même le moment où ils ont plus tendance à se rencontrer, et c’est donc un moment clé pour promouvoir la santé sexuelle. »

Pour Joanna Russell, qui coordonne la promotion de la santé au sein de l’Administration des services de santé et des services sociaux de Yellowknife, ces campagnes sont une bonne façon de susciter de l’intérêt pour la méthode de protection et de contraception que représente le préservatif. « Que les condoms soient en français peut faire réfléchir les gens encore plus, ils peuvent se poser des questions sur quel seraient les termes utilisés en anglais », propose-t-elle, admettant que si les explications écrites ne sont pas comprises, il y a toujours les dessins qui restent très explicites. Mme Russell explique également que c’est après une enquête sur un groupe cible que la campagne s’est concentrée sur le choix des animaux du Nord, pour illustrer les pochettes des préservatifs, afin d’attirer encore plus la curiosité des utilisateurs.