Éducation : Yellowknife fait le tour du monde

09 octobre 2013
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Josée Clermont, Jean-Yves Drouin (enseignant au secondaire à Saint-Patrick), Nicolas Rivard (Saint-Patrick), Vanessa Pichette, intervenante en littératie à Saint-Joseph, Martine Pellerin, professeur adjoint à l’Université de l’Alberta. (Photo Denis Lord)

Josée Clermont, Jean-Yves Drouin (enseignant au secondaire à Saint-Patrick), Nicolas Rivard (Saint-Patrick), Vanessa Pichette, intervenante en littératie à Saint-Joseph, Martine Pellerin, professeur adjoint à l’Université de l’Alberta. (Photo Denis Lord)

La recherche-action participative, un nouvel outil pédagogique
 

Des vidéos liés à l’apprentissage tournés dans les programmes d’immersion de la Commission scolaire catholique de Yellowknife seront bientôt disponibles sur un site Internet destiné aux professeurs en immersion à travers le monde.
Les classes d’immersion en français de la 4e à la 12e année des écoles Saint-Joseph et Saint-Patrick participent à une approche pédagogique encore peu répandue au Canada, soit l’utilisation de tablettes numériques – iPad, iPod, etc. – pour le développement de la communication orale. Le projet a commencé lors de l’année scolaire 2012-2013, avec Martine Pellerin comme maître d’œuvre, un professeur adjoint à l’Université de l’Alberta spécialisé dans la formation des enseignants. Cette méthode n’est pas utilisée que pour le français; elle sert également en chimie, en mathématiques, etc. « C’est l’expression de la matière dans la langue, explique Josée Clermont, coordonnatrice du français à la Commission scolaire catholique de Yellowknife. Le fait de verbaliser aide à mieux comprendre. » Les élèves peuvent se filmer ou enregistrer les séquences de jeu avec des logiciels comme Puppets Pals. Ces enregistrements témoignent tangiblement du processus d’apprentissage, de la vitesse et de l’habileté des élèves, etc.; ils leur permettent de cibler leurs besoins et d’améliorer leurs possibilités de succès. « Ce modèle est beaucoup utilisé dans le sport, explique Martine Pellerin. Il sert à regarder ce qu’on a accompli pour vérifier ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. On prend conscience de ce qu’on est capable de faire et on peut se fixer des buts pour améliorer son apprentissage. Les élèves s’engagent dans leur évaluation et dans leur apprentissage. » La chercheuse souligne qu’en outre, le caractère ludique des outils utilisés vient généralement à bout des élèves les plus passifs; il y a une séduction par le jeu.
Vanessa Pichette, intervenante en littératie à Saint-Joseph, considère la démarche comme un soutien à l’enseignement. Quant à Josée Clermont, elle est fière de l’engagement de la Commission scolaire catholique de Yellowknife dans le processus. « Beaucoup d’enseignants utilisent les tablettes numériques, dit-elle, mais ce ne sont pas toutes les commissions scolaires qui font venir quelqu’un trois fois par année et engagent leur personnel dans une démarche pédagogique comme nous le faisons. Nous avons eu des fonds pour ça. »

Rayonnement
Le mode didactique promu par Martine Pellerin est appelé la recherche-action collaborative. Il fera l’objet l’an prochain d’une parution chez Chenelière Éducation : L’oral et les technologies numériques au service de l’apprentissage et de l’évaluation. En attendant, des vidéos réalisés dans les classes de Yellowknife se retrouvent sur le site Internet Capsules orales, sous l’égide de Patrimoine canadien, du Campus Saint-Jean de l’Université de l’Alberta et de l’Association canadienne des professeurs d’immersion (ACPI). L’ACPI tiendra son congrès annuel à Calgary du 24 au 26 octobre et les professeurs Ian Brown (Saint-Joseph) et Nicolas Rivard (Saint-Patrick) y témoigneront de leur expérience. Les professeurs des écoles catholiques de Yellowknife ont de surcroît été invités par Martine Pellerin à participer à un projet parrainé par l’Ambassade de France à Ottawa et l’Institut français. Ce dernier organisme a été créé en 2010; sous la tutelle du ministère des Affaires étrangères de France, son but est de contribuer au rayonnement de l’Hexagone à l’étranger, en particulier dans les créneaux numériques. Le projet se concrétisera vraisemblablement en 2014, par la création d’un site Internet où se retrouveront des vidéos consacrés à l’oralité tournés à Yellowknife, destinés aux enseignants en immersion à travers le monde, et utilisés pour l’éducation continue ou la formation des maîtres.
Martine Pellerin sera de retour à Yellowknife entre le 24 et le 27 octobre. Elle entreprendra un autre projet de recherche, échelonné sur deux ans, destinés à détecter les élèves ayant des difficultés en lecture et à intervenir avec le support de la technologie numérique.