Lynne Bradley jubilait après être avoir rencontré son agent de voyage,
vendredi dernier. Cette résidente de Yellowknife est tombée par hasard sur
l'aubaine du siècle : une paire de billets d'avion aller-retour pour
Montréal pour la modique somme de 311 dollars, du jamais vu.
Mme Bradley compte ainsi visiter sa famille durant le temps des Fêtes. «
J'ai déjà vu le tarif étudiant varier entre 800 et 900 dollars, mais jamais
durant les Fêtes. Le prix est formidable ! » s'est-elle exclamée.
Les agents de voyage avaient du mal à expliquer comment Air Canada et
Canadian Airlines en sont venus à offrir d'aussi bons rabais. Certains
soutiennent qu'un problème au niveau de l'informatique a permis aux usagers
de se payer des vacances de rêve.
Kerry Yamboury a refusé de donner son interprétation des événements qui ont
eu lieu à la compagnie aérienne fusionnée, mais elle a toutefois laissé
entendre que la vente de billets s'est très bien déroulée. Entre 9 h et 15
h, son agence a réservé plus de 180 billets pour ses clients. Ses mains
tremblaient encore des heures passées à taper sur l'ordinateur.
Cigarette au bec, elle raconte sa journée : « Nous regardons tous les
matins les tarifs sur nos ordinateurs. Lorsque nous avons trouvé l'aubaine,
nous avons immédiatement contacté nos clients réguliers. Le mot s'est
ensuite propagé de bouche à oreille ».
Les bureaux de Yellowknife se sont vidés à une vitesse éclair. Médecins,
bureaucrates, garagistes : tous se sont rués vers l'agence de voyage la
plus près de chez eux. Les files d'attentes contenaient parfois jusqu'à 40
personnes prêtes à patienter des heures pour se procurer des billets.
« Nous n'allons pas accumuler beaucoup de profits sur cette aubaine », a
indiqué Mme Yamboury. « C'est simplement bien de pouvoir appeler nos
clients et leur laisser savoir que nous pouvons leur offrir un bon
spécial ».
Des compagnies privées et des francophones ayant de la parenté au Québec et
en Ontario ont réservé plusieurs voyages. Un client qui a attendu deux
heures en ligne pour avoir ses billets se réjouissait de s'être payé cinq
voyages aller-retour pour 1 200 dollars.
D'autres ont eu moins de chance. Chantal Normandin comptait bien profiter
du rabais pour aller à Montréal avec son époux et son enfant cet hiver.
Malheureusement, son agence n'offrait plus de billets lorsqu'elle s'est
présentée. « C'est affreux, j'aurais aimé en profiter », a-t-elle dit.
« Nous n'aurons pas de vacances cette année à moins que quelque chose
d'imprévisible survienne ».
« La personne devant moi a eu plus de chance. Lorsque je me suis présentée
au comptoir, on m'a annoncé qu'il n'y avait plus de billets », a déploré
Reza Erfani.
Pourtant, les billets étaient encore accessibles sur le site Internet en
français d'Air Canada à 17 h 30, quelques minutes après que toutes les
agences de Yellowknife aient cessé d'offrir le spécial. Inévitablement,
cette histoire a divisé les gens en deux groupes : ceux qui sont heureux de
partir, et ceux qui regrettent de ne pas avoir pris une pause-café plus tôt.