Remerciements : Vous quitter!

31 juillet 2013
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Le 3 août, je quitterai ma ville d’« adoption » pour retourner dans ma province natale achever mon diplôme collégial et mettre les pieds à l’université.

Le 29 mai 2012, jour de mon arrivée à Yellowknife, mes premières impressions furent : « Ah, c’est différent hein! »
Je suis arrivée aux Territoires du Nord-Ouest sans honnêtement savoir « où » j’allais! Non pas géographiquement, mais plutôt où cette supposée aventure de deux mois et demi allait me mener… Et pour finalement y passer une année supplémentaire.
Venant de la campagne, mais ayant récemment habité la ville, il était évident que j’allais m’y plaire! Mais jamais je n’aurais cru m’y plaire autant! Yellowknife me manquera et laissez-moi vous expliquer pourquoi.
À l’annonce de mon départ vers Yellowknife, les gens « capotaient » ajoutant un assez grand stress pour ma personne. Passant du « tu vas te faire manger par les loups », à « tu vas juste entendre du country », j’en ai entendu des belles niaiseries pour m’insister à rester au Québec. Toutefois, bien persuadée que ça allait être une aventure de fou, je peux vous garantir que j’ai fait le meilleur choix de ma vie en acceptant de relever ce défi. Toujours en ignorant que ce dernier allait se transformer, quelques mois plus tard, en un défi énorme.
Énorme pour la jeune femme que je suis, oui. Hey, partir à 18 ans, seule, sans aucune ressource et parlant un anglais hyper québécois (ce qui est toujours le cas!), personne n’aurait pu le prédire, même la meilleure des voyantes! C’était impossible pour moi, timide que je suis, d’accomplir ça. Ben oui, je l’ai fait et je vous le raconte avec fierté.
Fierté, mais aussi en tant que nouvel individu. Au printemps 2012, je ne quittais pas avec des attentes ou à la quête de quelque chose, pantoute! Je venais seulement ici pour un emploi d’été d’étudiant. Sans l’idée que j’allais faire des rencontres exceptionnelles qui allaient marquer le reste de ma vie, créant ainsi de nouvelles amitiés. Non. J’allais à Yellowknife travailler, et comme tout le monde, ou presque, faire une petite « passe » d’argent. Je partais du Québec ignorante de ce que la vie allait m’apporter, et c’est de cela que je suis le plus reconnaissante... d’avoir tant appris.
Appris sur l’endroit, une culture, un passé, un Anglais ou plusieurs (je garde d’ailleurs d’excellents souvenirs!), mais surtout sur ma propre personne. Au risque de sonner égocentrique, sachez que j’écris pour vous en espérant que vous ayez déjà eu le même sentiment que j’éprouve ou que vous le viviez. Et si cela ne vous convainc toujours pas, ben il y a d’autres pages dans le journal à lire! J’ai découvert que je suis ici à Yellowknife pour l’unique raison que j’ai eu à me présenter tellement de fois aux gens que je ne pouvais pas mentir sur qui est Noémie Bérubé. Au fil des rencontres, des détails s’ajoutaient et d’autres n’étaient plus prononcés. Voilà que je me connais bien et que je possède une confiance en l’individu que je deviens. Avoir vécu dans la capitale des TNO aura été un moment marquant dans mon histoire.
Des histoires, oh, il y en a eu! Il m’en est arrivé des choses ici. Unique n’est probablement pas un descriptif assez prononcé pour relater mon aventure. Des premières fois, je n’ai cessé d’en vivre pendant ces 14 mois en tant que Ténoise. J’ai vu des choses ici que je ne croyais pas possibles, mais qui le sont! Je garde en souvenir tous ces moments de partage, qu’il s’agisse d’anecdotes, de biens matériels ou de mises en garde, car à Yellowknife, sur presque tout, j’ai reçu des conseils!
Le meilleur conseil fut probablement lorsqu’une aînée autochtone m’a dit de profiter de ce qui m’arrivait. Merci, madame. Merci, car grâce à vos propos, je garde en tête une ville accueillante, une population pas toujours civilisée, mais ô combien généreuse, une culture sur laquelle mon « peuple » devrait s’inspirer, un climat paisible où règnent de nombreux partys et bien du travail.
Ce fut pour moi une première expérience de travail dans mon domaine d’études. On m’a attribué de grosses tâches, on m’a fait confiance et on a été patient avec moi. J’espère avoir été à la hauteur de vos attentes. Merci pour tout.
Yellowknife, tu me manqueras. Et en posant le pied à terre le 3 août au Québec, je dirai sûrement… « Ah, c’est différent hein! »