Déjà les francophones font honneur à leur réputation : ça jase et ça
gesticule dans le studio ! La première émission n'a pas duré deux heures
comme prévu, les invités ont dépassé de 35 minutes le temps qui leur était
alloué au grand bonheur des auditeurs. Ça promet !
Richard Séguin a eu l'honneur de donner le ton à cette première émission en
directe de la capitale, qui a débuté sur les airs de C'est l'heure !
« Un peu nerveux », mais toujours calme (du moins en apparence !), Pierre
Ouellet, le technicien de la radio, qui a reçu une formation la semaine
dernière, a relevé le défi en compagnie de l'animateur Benoît Boutin !
Le duo a reçu des invités tous un peu plus bizarres les uns que les autres.
De Chiche les Guignols (!) au mystérieux couple qui vous donnera des
conseils sur l'oreiller, les animateurs sont venus présenter leur émission.
Entrecoupée de félicitations en provenance des autres radios membres de
l'Alliance des radios communautaires du Canada, dont certaines diffuseront
sur les ondes de Radio Taïga, la naissance de la petite dernière des radios
communautaires s'est déroulée avec émotion.
Quant au studio, on lui a trouvé un nom : « Studio Michel Lefebvre », en
l'honneur du président de la radio, qui a investi allègrementŠ dans le
bénévolat !
« Cette radio va refléter notre réalité et renforcer notre identité », a
souligné Roxanne Valade, qui animera Allez coucher les enfants, en
compagnie d'Alain Bessette. Allez donc savoir ce qui se cache sous ce titre
!
À ses balbutiements vers le début des années 1990, lorsqu'une heure par
semaine était dédiée à la communauté francophone sur les ondes de CKLB, le
radio francophone couvrait l'ensemble des Territoires du Nord-Ouest.
À l'heure actuelle, seule la population de Yellowknife pourra syntoniser le
103,5 et écouter les 15 heures de diffusion réalisées par les bénévoles de
Yellowknife. « Imprégnez-vous les oreilles, l'âme et le c¦ur de Radio Taïga
», s'est exclamée Roxanne Valade, la voix remplie d'émotions.
Le reste du temps d'antenne sera comblé par des nouvelles et des émissions
provenant des radios communautaires canadiennes. « Pour le moment nous ne
pouvons assurer une couverture territoriale faute d'argent, mais nous avons
espoir que le signal se rende un jour à Fort Smith, Hay River et Inuvik »,
a souligné le président de la radio, visiblement très ému.
« Ce que vous allez entendre, ce sont des bénévoles avec beaucoup
d'expérience, grâce aux années de pratique à CKLB, la radio autochtone », a
soutenu Michel Lefebvre en remerciant tous ceux et celles qui ont contribué
de près ou de loin à la création de cette première radio francophone à
Yellowknife.
« On peut avoir le meilleur équipement, la plus grande collection de
disques, mais sans l'énergie des bénévoles, il n'y aurait pas de radio », a
ajouté Éric Fortin, membre du comité de la radio, en mentionnant tout le
travail accompli dans l'ombre.
La directrice de Radio Taïga est-elle soulagée ? « Non je ne suis pas
soulagée, ce n'est que le début de quelque chose, c'est le commencement !
», lance-t-elle en riant. « C'est comme un enfant, ce n'est pas tout de le
mettre au monde, il faut faire son éducation ! »
Chiche!