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Vivre dans le bois

Favori Impression :: Vivre dans le bois Françoise JaussoinFrançoise Jaussoin
Paru le 19 octobre 2001
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Olivier a grandi à Paris, il a 21 ans. Il veut passer le reste de sa vie dans la nature. Il y a trois ans, il vient à Yellowknife pour trouver des Autochtones qui accepteraient de lui apprendre des techniques de survie. «Je ne connaissais personne, alors je me suis adressé à un guide touristique, dit-il. Il m'a conseillé d'aller d'abord en terre inuite.» Il va camper pendant trois semaines à Kugluktuk, anciennement appelé Coppermine. Mais il ne reçoit aucune réponse positive de la part des habitants. «Sans doute la population n'était pas très rassurée de voir quelqu'un d'inconnu, tout seul, explique-t-il. La police m'a demandé de partir.»

Retour à Yellowknife. Le même interlocuteur l'envoie auprès de Muriel Betsina, une Autochtone qui a été élevée dans le bois. «elle m'a dit que, sur le moment, elle n'était pas disponible, raconte-t-il, mais que si je restais en contact avec elle, un beau jour elle me dirait quand je pourrais venir.» Olivier rentre en France. Pendant deux ans, il écrit, il téléphone, mais toujours Muriel Betsina répondait qu'elle n'était pas prête. Enfin, l'été dernier, elle lui dit qu'il peut venir.

Commence alors la migration vers le Grand lac de l'Ours. Olivier participe aux tâches familiales, son travail est apprécié. Il demeure avec cette famille pendant quelques semaines puis il lui faut trouver d'autres personnes. Il est accueilli par Louis et Alisette, au Grand lac des Esclaves. Il passe un hiver dans la cabane de Louis, sans route, sans eau ni électricité. Il chasse du petit gibier au collet, apprend à faire de la viande séchée, à pêcher, à faire du pain. Les gens commencent à l'appeler Olivier Able, fils de Louis et Alisette Able. «C'est vrai que c'est pratiquement ma famille, dit-il, pour eux je suis un peu comme un fils adoptif.»

Mais Immigration Canada rattrape le jeune coureur des bois. Il est obligé de quitter le pays. Son retour, au début d'octobre, est étroitement surveillé. Un temps limite de séjour lui est imposé.

Cela ne le décourage pas. Il se prépare pour un deuxième hiver dans la cabane. «Ça prend du temps d'apprendre, car la vie dans le bois ne fait plus partie de leur vie de tous les jours, dit-il, et ils doivent se montrer disponibles envers moi. Mais je sais que quelqu'un comme moi est un espoir pour garder des savoirs en perdition.»

Convaincu qu'il est possible de vivre des ressources qu'offre la nature, Olivier veut sauver des gestes qui ne peuvent être appris que par l'exemple et l'expérience. Son objectif de vie a également pour but de maintenir des techniques vivantes, dans des contextes et des circonstances connues des Amérindiens, en souhaitant que des générations futures pourront les connaître de la même façon.
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