Fédération franco-ténoise : Vitalité, une question de survie francophone

22 octobre 2015
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La nouvelle présidente de la FFT, Linda Bussey (Archives L'Aquilon)

La nouvelle présidente de la FFT, Linda Bussey (Archives L'Aquilon)

L’assemblée générale annuelle de la FFT dresse de nouvelles priorités pour 2015-2016.
 

 Avec la dissolution de l’Association des francophones de Fort Smith au cours de la dernière année, les membres de la Fédération franco-ténoise (FFT) se sont penchés sur la question de leur membriété. C’est-à-dire, qui pourrait être accepté sous l’ombrelle de la FFT. Réunis le 17 octobre à Yellowknife, pour l’AGA de la FFT, les associations francophones des Territoires, les collaborateurs gouvernementaux et les partenaires communautaires de la fédération ont entamé la réflexion sur la composition du conseil d’administration afin qu’elle soit plus représentative de l’ensemble des communautés francophones ténoises.
Alors que les membres en règle de la FFT sont d’après ses statuts et règlements les organismes « à caractère territorial, régional, et local et les associations membres des TNO selon les normes établies et acceptées par l’Assemblée générale », le problème se pose simplement : n’ayant plus de représentant officiel à la table de la FFT, la communauté de Fort Smith ou une autre doit-elle être rayée de la carte francophone aux TNO?
 
Certainement pas
Si l’on déchiffre bien la volonté de la FFT d’amorcer cette réflexion au sein de ses membres, le fait français ne se résume plus à la structure associative d’une communauté. Richard Létourneau, qui vient de terminer son mandat à la présidence de la fédération, explique que l’intérêt de la vitalité francophone à Fort Smith ou ailleurs n’est pas uniquement relié au rayonnement des activités de la FFT, mais implique désormais la mise en place des services en français par le gouvernement ténois. « D’accord, il n’y a plus d’organisme à Fort Smith, mais il reste des francophones. Quel genre de représentation pourraient-ils avoir dans notre conseil d’administration? »
Il s’agit d’une question à étudier au cours de la prochaine année pour s’assurer que la vitalité sera finalement le vrai moteur d’influence sur les services francophones. Létourneau affirme qu’à la FFT, les priorités d’une année sont généralement bien en place lorsque vient le temps de la nouvelle AGA, même si habituellement les projets sont conduits jusqu’à la fin de l’année financière, donc 18 mois après que le moment où les priorités ont été fixées.
En ce qui concerne la membriété, la FFT pourrait changer ses statuts et règlements pour ne plus être une fédération d’associations, mais devenir une association d’individus. Richard Létourneau évoque que la communauté et la FFT contempleront plusieurs avenues, y compris celle du statu quo.
 
Une présidente à Yellowknife
Cette AGA 2015 a été l’occasion d’élire pour la deuxième fois seulement une femme à la présidence de la FFT. Linda Bussey a été élue par acclamation durant l’élection de ce 17 octobre. Mais le changement administratif marquant réside dans le fait que Bussey réside à Yellowknife, alors que depuis six ans, la présidence s’effectuait depuis Inuvik. C’est le défi le plus important que Richard Létourneau reconnait avoir relevé durant son mandat. « Ça n’a pas vraiment beaucoup d’importance, mais c’est un ajustement. Le fait de ne pas avoir de contact en personne régulièrement avec le directeur général et le personnel demande d’avoir un bon CA et une bonne équipe. » En rétrospective, Létourneau argumente que le recrutement d’un poste de DG est extrêmement difficile, alors qu’il y a peu de candidats sur place et que l’ajustement au Nord n’est pas garanti. Quatre DG se sont succédés depuis 2009.
Si l’ancien président pense que le leadership envers son personnel est important, il reste que durant son mandat, Richard Létourneau a accompli l’un des plus beaux tours de force de la FFT : devenir l’allié du gouvernement territorial en cinq ans après l’avoir férocement pointé du doigt pendant deux décennies.
La preuve en est dans la seconde priorité discutée à cette dernière AGA : la volonté de pérenniser le comité de consultation et de coopération entre les représentants de la communauté et le GTNO établit en 2010 après l’ordonnance de la Cour d’appel des TNO.