Remédier au problème : Violence dans les écoles

15 janvier 1999
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L'augmentation des actes violents dans les écoles et à l'intérieur des communautés est un fait indéniable, c'est pourquoi l'Association des enseignantes et enseignants des Territoires du Nord-Ouest a décidé de passer à l'action en organisant un atelier appelé restorative justice workshop, à Inuvik les 15, 16 et 17 janvier prochains.

Les jeunes qui s'adonnent à des actes de violence à l'école et dans leur communauté constituent une réalité avec laquelle les professeurs doivent composer quotidiennement. En organisant un restorative justice workshop, l'Association des enseignantes et enseignants des Territoires du Nord-Ouest espère être en mesure de se donner les outils nécessaires afin de pouvoir agir proactivement dans la résolution de ce problème.

La restorative justice est en fait une alternative aux méthodes de discipline traditionnelle.

«Lors des ateliers, on essaie de conscientiser les offenseurs au mal qu'ils ont fait et aux actions qu'ils peuvent entreprendre pour réparer les pots cassés», explique la présidente de l'Association, Mme Patricia Thomas.

Les résultats notés suite aux ateliers indiquent que les risques de récidive chez d'anciens offenseurs diminuent. Aussi, les parents remarquent que leurs enfants font preuve d'une plus grande empathie envers les autres.

Par ailleurs, les parents apprécient cette aide qui facilite l'éducation de leurs enfants.

Il est difficile de définir précisément ce qu'on entend par actes de violence. Selon Mme Thomas, il existe une gamme assez large d'actes répréhensibles qui varient de la violence verbale à la violence physique.

«Lorsqu'on parle de violence, on parle de tout comportement jugé inapproprié», explique-t-elle.

Le directeur de l'école Samuel Hearne d'Inuvik, Bernard Caceln, appuie l'idée des ateliers et de toute forme d'effort misant à réduire la violence dans les écoles.

«À l'école, je constate peu de violence en terme de vandalisme. Bien qu'il y en ait, la violence envers les professeurs est aussi très minime. C'est plutôt dans la cour d'école que l'on voit des jeunes qui se crient des bêtises ou qui se frappent», explique-t-il.

En terme de statistiques, il est difficile de cerner précisément le nombre d'actes violents dénombrés dans une école chaque année.

«Seulement les cas les plus graves sont rapportés. Les cas mineurs sont la plupart du temps laissés de côté. Mais sans avoir de chiffres précis, les professeurs admettent que la violence dans les écoles est bel et bien une réalité», renchérit Mme Thomas.

Pour que les ateliers soient efficaces, il faudra que les enseignantes et les enseignants co-opèrent entre eux en échangeant quelques trucs et méthodes. Avec le temps, les ateliers seront de mieux en mieux rodés et les résultats escomptés de plus en plus apparents.

«Il ne s'agit pas d'une potion magique mais plutôt d'un outil qu'on se donne pour améliorer la situation. Mais il faut laisser le temps faire son oeuvre», ajoute Mme Thomas.

Pour que les ateliers soient efficaces, les jeunes, les parents et les professeurs doivent travailler de concert.

«Il s'agit là d'un véritable travail d'équipe», indique Mme Thomas.

Initié par l'Association des enseignantes et des enseignants des Territoires du Nord-Ouest, les ateliers reçoivent également l'appui du ministère de la Justice et de l'Éducation des T.N.-O. ainsi que par des directeurs des conseils scolaires de la région Beaufort-Delta et du Sahtu.

Ces ateliers ont débuté en 1989 en Nouvelle-Zélande, en 1991 en Australie et ont été implantés en Amérique du Nord en 1994. C'est la première fois qu'un tel atelier sera donné dans les Territoires du Nord-Ouest.