Commission scolaire francophone : Vers une directive assouplie?

École Boréale (Archives)

École Boréale (Archives)

Avant la fin de l’année scolaire 2015-2016, le ministère de l’Éducation, de la Culture et de la Formation
révisera sa directive ministérielle imposée en 2008 sur l’inscription des élèves à des programmes
d’enseignement en français langue première.

 

Plus de deux semaines après que le ministre de l’Éducation Alfred Moses a déclaré à l’Assemblée législative que son ministère « considère l’école Boréale comme une école francophone viable à long terme », le ministère de l’Éducation, de la Culture et de la Formation annonce officiellement la révision de la directive ministérielle limitant les inscriptions dans les écoles francophones des TNO.
Pour la Commission scolaire francophone des TNO (CSFTNO), qui attendait cette annonce officielle, « l’examen de la directive ministérielle est un pas dans la bonne direction », comme le dit Simon Cloutier le président de la Commission. La CSFTNO a d’ailleurs fourni au ministère un document qui décrit sa position concernant les changements à apporter à la directive de 2008. La directrice de la commission scolaire, Yvonne Careen, avance que son bureau a étudié les autres directives en place dans les autres provinces et territoires canadiens pour refléter avec justesse la gestion scolaire ailleurs qu’aux TNO.
« Nous aimerions changer la lourdeur du processus, déclare Careen. Les demandes d’admission sont tellement complexes que beaucoup de parents se découragent. » La directrice générale rappelle l’inégalité qui existe entre les processus d’admission des écoles anglophones et des écoles francophones. « Que l’on soit francophone ou anglophone, il ne faut que quelques minutes pour inscrire son enfant dans une école de la majorité, le traitement d’une demande d’admission dans une de nos deux écoles prend plusieurs mois. »
Dans la directive ministérielle de 2008, les paragraphes 3 et 4 stipulent qu’il est de la responsabilité de la CSFTNO de documenter l’admissibilité d’un élève à l’école francophone. Un long processus qui, selon le bureau central, s’est le plus souvent soldé par le refus que par l’approbation d’une demande d’admission. Depuis 2008 également, la Commission s’est dotée d’une politique d’admission comportant 18 critères à évaluer avant qu’elle présente une demande d’admission auprès du ministère. « Oui, nous voudrions simplifier cette liste de quelques critères. Mais c’est vraiment sur le processus de la demande que nous voudrions voir des progrès. Nous ne demandons pas une réponse instantanée, mais voudrions que les parents puissent inscrire leurs enfants dans nos écoles en quelques jours plutôt qu’en quelques mois. »

Rapprochement communautaire
À Hay River, le conseil scolaire du Slave Sud tient à faire partie de la solution afin d’aider cette communauté au sud du Grand lac des Esclaves. « Le ministre nous a indiqué à l’avance qu’il allait amorcer cette révision. Sans qu’aucun engagement n’ait été pris avec notre commission en ce qui concerne les implications de cette révision, le ministre nous a tout de même assurés que nous participerons à ces discussions. Donc nous sommes heureux de participer à ce niveau et nous anticipons une solution qui bénéficiera notre communauté au sens large », de commenter Terrence Courtoreille, le président du Conseil scolaire du Slave Sud. « Dépendamment de l’ampleur de la révision, la nouvelle directive peut avoir un impact sur les inscriptions dans nos écoles, je pense qu’il faut être prudent avec la façon dont nous gérons cet impact et faire ce qu’il y a de mieux pour notre communauté. Nous reconnaissons le fait qu’il y a un problème d’admission que la commission scolaire francophone veut résoudre et nous sommes contents de travailler avec le ministre et la CSFTNO pour mieux servir Hay River », poursuit-il.
Au mois de février, la valeur ajoutée de l’éducation francophone pour une ville comme Hay River était un des arguments avancés par les dizaines d’individus qui sollicitaient un changement d’attitude du gouvernement dans ce dossier scolaire. Questionné à ce sujet, Courtoreille ne rejette pas l’idée que la mise en place d’un programme d’immersion française pourrait également être une solution. « La décision du Conseil scolaire de ne pas instaurer un programme d’immersion française à Hay River a été prise il y a 16 ou 17 ans avec les informations qui existaient à cette époque. Je ne pense pas que ce soit une raison pour se limiter à ne pas évaluer les options d’un programme d’immersion à Hay River. Je pense qu’il faut regarder toutes les options et si l’immersion française est une option pour que Hay River aille de l’avant, je pense que les deux commissions devraient étudier cette alternative avec le ministre. »

La communauté francophone pourra se développer
Cette annonce gouvernementale est considérée comme un grand pas pour la préservation de l’enseignement du français, car selon le directeur général de la Fédération franco-ténoise (FFT), la directive de 2008 a imposé un recul au développement de la communauté alors que des parents n’ont pas pu avoir accès à l’enseignement en français langue première pour leurs enfants. « L’éducation étant un grand pilier de la francophonie et une représentation du dynamisme de celle-ci, nous sommes dans l’ère de l’inclusion et de l’ouverture, alors je pense que de revoir cette directive va permettre de s’ouvrir encore plus et de ne pas aller de façon stricte, comme cela a déjà été, et de permettre entre autres l’inclusion des nouveaux arrivants », dit Jean de Dieu Tuyishime. Selon lui, en appliquant de façon stricte cette directive, certaines personnes qui n’étaient pas des ayants droit, mais dont le français a été leur langue d’éducation, n’ont pas eu accès à une éducation en français. « Le processus d’admission fermait les portes à une population qui pouvait venir grandir la masse de la francophonie. »
La fédération ne peut se prononcer sur les bénéfices d’une telle révision alors qu’elle vient tout juste d’être annoncée, mais veut plutôt repositionner les échanges avec le gouvernement, comme le démontre la déclaration de Linda Bussey, présidente de la FFT, parue dans un communiqué de presse : « Nous avons connu l’e´poque des [classes portatives] et des premières constructions des écoles francophones. Nous avons connu l’e´poque des tribunaux et des agrandissements partiels de nos écoles. Il est temps de passer a` une nouvelle e´poque de franche collaboration et de partenariat avec le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest, en travaillant tous dans la me^me direction pour l’épanouissement, l’inclusion, la diversite´ et le de´veloppement de la francophonie dans nos communaute´s. »


 


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