Tourisme : Vers un but commun

26 janvier 2012
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Éthel Côté, facilitatrice, échange un sourire avec la directrice générale du CDÉTNO, Andréanne Laporte.?(Photo : Courtoisie de BF)

Éthel Côté, facilitatrice, échange un sourire avec la directrice générale du CDÉTNO, Andréanne Laporte.?(Photo : Courtoisie de BF)

Le Conseil de développement économique des Territoires du Nord-Ouest a reçu, les 23 et 24 janvier au Yellowknife Inn, les principaux acteurs dans le domaine du tourisme, pour discuter des enjeux de chacun.

Pour une première fois, tous les grands acteurs du tourisme dans le Nord ont pu s’asseoir à une même table et expliquer leur propre situation.
Qu’ils soient francophones ou anglophones, ténois, yukonnais ou nunavummiut, chacun a eu la chance d’exprimer sa position sur le tourisme.
Cette rencontre avait pour objectif d’élaborer une planification panterritoriale de promotion touristique du Nord canadien.
Mais pour cela, il fallait que tous ceux présents comprennent bien la réalité de leurs homologues territoriaux.

Yukon

De façon générale, le tourisme au Yukon est seulement saisonnier.
En raison du fait que plus de 75 % de sa population est concentrée dans la capitale, Whitehorse, les enjeux touristiques sont importants.
Contrairement aux autres territoires qui peuvent compter sur quelques collectivités variant de la capitale, le Yukon doit miser sur ses parcs nationaux pour offrir une diversité touristique. Autrement, les visiteurs seraient confinés à Whitehorse.
En raison du fait que les entreprises sont petites, l’importance du forum était de pouvoir mettre sur pied une collaboration, pour mieux se répartir.
« On a souvent les mêmes défis et aussi les mêmes mythes, explique la directrice du secteur de développement économique de l’Association franco-yukonnaise, Sophie Delaigue. Les gens pensent qu’il fait froid, qu’il n’y a rien à faire, qu’on mange mal … »
Et puis il y a la francophonie, qui tient à avoir sa place touristiquement au Yukon.
« On fait le marketing de la même destination, fait valoir Sophie Delaigue. L’objectif, c’est que lorsque du matériel promotionnel est développé en anglais, qu’il le soit aussi en français. »
L’avantage du Yukon, c’est que tout est accessible aisément en voiture puisque tout est relativement à proximité.

Nunavut

De l’autre côté des Territoires du Nord-Ouest se trouve le Nunavut, qui par sa géographie et son historique, est un peu à l’opposé du Yukon.
Pour la plupart des endroits touristiques, il est impossible d’y accéder en voiture, puisque même la capitale, Iqaluit, est située sur une île.
« Les enjeux au Nunavut, ce sont surtout les coûts phénoménaux pour venir chez nous, explique quant à lui le directeur général du Carrefour Nunavut, Daniel Cuerrier. Il y a aussi un besoin de développer davantage d’infrastructures et un besoin de meilleures formations. »
Alors que le Yukon et les Territoires du Nord-Ouest font un avancement dans le développement d’infrastructures, le Nunavut, lui, est encore un pas en arrière.
Cela peut s’expliquer par le fait que ce territoire est le dernier né au Canada, fondé en 1999.
« Par voie de conséquence, c’est celui qui a le moins d’expérience, c’est celui qui est le moins développé et c’est celui qui a le moins d’histoire », fait observer Daniel Cuerrier.
Toutefois, par sa jeunesse, le Nunavut peut aussi être garant de solutions, même s’il a besoin des deux autres territoires pour avancer.
« Certainement que le Nunavut a besoin des deux autres, on a tous besoin les uns les autres, analyse le francophone nunavummiut. Mais peut-être que nous sommes dans une situation pour pouvoir inventer de nouvelles solutions ou faire les affaires différemment, ce qui à son tour pourra aider au développement des autres aussi. »
Ainsi, que ce soit à l’intérieur du territoire ou en collaboration avec les deux autres, l’objectif du Nunavut est de réussir à établir une communication efficace.
« On doit établir une communication qui dure dans le temps, pour qu’on ait les moyens de se parler sur une base régulière pour s’échanger nos bons coups et mauvais coups, affirme le directeur. On a besoin d’apprendre à travailler ensemble et ça, on en est, je pense, aux premiers balbutiements. »

Territoires du Nord-Ouest

Pour ce qui est des Territoires du Nord-Ouest, ils se situent, tant par l’emplacement géographique que par la situation, entre les deux autres.
Avec plus de collectivités, les attraits touristiques sont assez variés et les infrastructures sont plus importantes qu’au Nunavut.
Toutefois, l’éloignement entre les principales collectivités rend le transport plus compliqué.
Pour ce qui est du tourisme, les Territoires du Nord-Ouest offrent des activités bien similaires au Nunavut et au Yukon. Les trois territoires misent tous sur l’attraction touristique autour des aurores boréales et font des activités de course de traîneaux à chiens.
« Les entrepreneurs qui s’établissent dans le Nord prennent une décision consciente, croit la présidente de la compagnie Outside the Cube, Dee Enright. Le tourisme peut être prospère ici, mais il requiert un investissement. Et c’est un défi de cette façon. Mais comme tous les gens du Nord sont si inspirés par ce qu’ils ont à offrir et si passionnés, je crois qu’il serait difficile pour eux de les pousser à faire autre chose. »
Et si le tourisme peut être profitable dans le Nord, il ne faut pas non plus reproduire les mêmes efforts ou entrer en compétition.
« Un des points clés des recherches à la base de ce que l’on a appris, met au fait Dee Enright, est que si les touristes visitent un territoire, ils auront plus de chance de visiter les autres par le fait même. »

Voyages nord-sud

Le forum interterritorial sur le développement du tourisme francophone dans le Nord a ainsi permis à tout le monde d’être au même niveau.
Après tout, l’objectif commun aux trois territoires est d’attirer plus de touristes septentrionaux.
« Il y a vraiment un désir de toutes les parties de travailler ensemble sur l’élaboration d’une planification panterritoriale de promotion touristique du Nord canadien, affirme la directrice du Conseil de développement économique des Territoires du Nord-Ouest, Andréanne Laporte. Nos liens vont devenir de plus en plus forts et il va y avoir une cohérence accrue entre les actions de chacun. »
Le déplacement pourrait toutefois être l’un des obstacles qu’auront à surmonter les acteurs du forum puisque les vols se font généralement direction nord-sud plutôt qu’est-ouest.
Les portes d’entrée pour le Nunavut passent par Winnipeg, Toronto et Montréal, alors que celles pour le Yukon et les Territoires du Nord-Ouest, ce sont Edmonton, Calgary et Vancouver.
Loin encore l’idée d’offrir des voyages d’un bout à l’autre des trois territoires.
« C’est comme si l’on disait que l’on offrait un voyage organisé Terre-Neuve et Colombie-Britannique… nous sommes réellement aussi éloignés, dans le Nord, compare Dee Enright. Les gens oublient cela, ils pensent que le Nord, c’est une seule grande région. Mais le Nord est aussi grand que le Canada. »
À la lumière d’ententes réalisées entre les territoires pour développer un tourisme commun, c’est certainement quelque chose qui reviendra à l’ordre du jour.
D’autres rencontres seront organisées dans le futur pour rediscuter de la situation. La prochaine pourrait très bien avoir lieu lors du rassemblement France-Canada, à Whitehorse, en juin 2012.