Révision de la réglementation sur l’électricité : Vers trois zones tarifaires

19 novembre 2009
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Le comité chargé de réviser la réglementation de l'électricité aux TNO, a présenté 33
recommandations, dont une pour instaurer trois zones au sein des 33 collectivités.
(Photo : Maxence Jaillet)

Le comité chargé de réviser la réglementation de l'électricité aux TNO, a présenté 33 recommandations, dont une pour instaurer trois zones au sein des 33 collectivités. (Photo : Maxence Jaillet)

De nombreux ajustements doivent êtres implantés par le gouvernement des TNO, s’il veut que l’accès à l’électricité aux Territoires soit sécuritaire et fiable pour un prix raisonnable.

 

En déposant leur rapport à Bob McLeod, le ministre ténois président du comite de coordination de l’Énergie, les trois membres du comité de révision ont également déposé une vision à long terme pour la production, la distribution et l’utilisation de l’électricité aux TNO. Lors d’une réunion explicative organisée le 12 novembre, Mark Cleveland, Gerry Forest, Doug Matthews ont expliqué l’essentiel de leur 33 recommandations provenant des audiences publiques qu’ils ont tenues partout aux Territoires au cours de l’année 2009.

« Déjà explicitement énoncées dans le document de discussion, nous avons gardé en tête les trois étapes qui allaient guider notre réflexion avec plus de 350 individus et organisations des TNO. Ainsi tout au long de ce processus nous avons veillé à trouver des solutions pour réduire les coûts où c’est possible, distribuer les coûts équitablement et assurer un prix abordable de l’électricité », explique M. Cleveland.

Principalement, c’est le minuscule basin de payeurs de frais d’électricité qui ampute une transformation rapide du système ténois. « 19 000 payeurs pour 36 000 utilisateurs, il n’y a pas beaucoup de marges pour augmenter les revenus, et pour explorer d’autres alternatives simplifie Gerry Forest. C’est pour réduire les coûts et stimuler le développement que nous voulons regrouper les collectivités par groupe de source d’énergie ». Il donne pour exemple que lorsqu’une communauté compte 300 payeurs et perd un de ses résidents, la facture se redistribue entre les 299 restants. Alors que si les collectivités sont regroupées, les variations se font moins ressentir.

 

Une zone thermique et deux zones hydroélectriques

Les TNO seraient divisés en trois régions suivant leurs sources d’énergie, les 21 collectivités qui utilisent des génératrices au diesel et celle qui fonctionnent au gaz naturel comme Inuvik et Norman Wells, seraient regroupés dans une zone qualifiée de thermique. Les cinq collectivités au sud du Grand lac qui bénéficient du barrage hydroélectrique Taltson feraient partie de la zone Taltson. Les trois autres connectées au barrage Snare dont la ville de Yellowknife seraient dans la zone Snare. Le comite recommande qu’au sein de chaque zone, les tarifs doiventt être les mêmes pour tous. Dans le futur, si les deux systèmes hydroélectriques venaient à êtres connectés (éventuellement pour alimenter les mines au nord du Grand lac des Esclaves), les deux zones hydroélectrique seraient fusionnées et leurs tarifs ajustés.

 

Ecology North écouté mais pas entendu

Durant les audiences, l’équipe d’experts a rencontré à plusieurs reprises Ecology North, cet organisme sans but lucratif qui stimule les prises de décisions respectueuses de l’environnement. Dans le document énumérant les différents commentaires ou suggestions amenées lors des audiences par les participants classés par ordre alphabétique, celles de l’organisme basé à Yellowknife sont citées en premières lignes pour chaque thème abordé. Pourtant, selon le directeur d’Ecology North, Doug Ritchie, aucune de leur recommandation n’est développée dans les pages du rapport. « On ne peut pas leur enlever le fait qu’ils nous aient écoutés, mais on ne peut pas dire qu’ils nous aient entendus. »

Ecology North s’est toutefois consolé en voyant que le comité de révision n’ait pas tout de suite proposé le nivellement des prix à la grandeur des Territoires. « Nous ne sommes pas favorables à l’instauration d’un tarif unique pour les TNO, car sans cette relation tangible avec le prix du mazout, les communautés qui fonctionnent au diesel n’auront plus d’incitatifs monétaires à surveiller leur consommation. » M. Ritchie ajoute qu’il est dangereux en ces temps de réchauffement climatique d’essayer d’isoler le prix d’une source d’énergie de son impact environnemental.