Pêcheries : Vers le marché albertain

18 juin 2015
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Copropriétaire de la pêcherie  Great Slave Fish Products à Yellowknife, Henry Jewer avoue ne pas trop être au courant des programmes gouvernementaux pour appuyer les pêcheurs. «IL y a de l'aide, dit-il, mais on veut faire les choses par nous-mêmes.» L'entreprise anticipe une expension mais ne s'est pas fixée d'échéance. M. Jewer et son partenaire Brian Abbott veulent aller chercher un permis fédéral qui leur permettrait entre autres de vendre leurs restes de poissons comme engrais. (Denis Lord)

Copropriétaire de la pêcherie Great Slave Fish Products à Yellowknife, Henry Jewer avoue ne pas trop être au courant des programmes gouvernementaux pour appuyer les pêcheurs. «IL y a de l'aide, dit-il, mais on veut faire les choses par nous-mêmes.» L'entreprise anticipe une expension mais ne s'est pas fixée d'échéance. M. Jewer et son partenaire Brian Abbott veulent aller chercher un permis fédéral qui leur permettrait entre autres de vendre leurs restes de poissons comme engrais. (Denis Lord)

CanNor approché pour le financement de l'usine de Hay River
 

Le ministère de l'Industrie, du Tourisme et de l'Investissement mène de front deux négociations pour relancer l'industrie de la pêche aux TNO. La première vise à obtenir du financement du gouvernement fédéral pour construire une nouvelle usine de transformation de poisson à Hay River. La seconde interpelle la Fédération des pêcheurs des Territoires du Nord-Ouest et l'Office de commercialisation du poisson d'eau douce (OCPED) pour obtenir de ce dernier l'accès au marché albertain.
Le ministre de l'Industrie, du Tourisme et de l'Investissement (le MITI), David Ramsay, a rencontré la ministre de Pêches et Océans Canada, Gail Shea, à deux reprises, dont la dernière fois en janvier dernier. Il a également rencontré, début juin, la ministre de l'Agence canadienne de développement économique du Nord (CanNor), Leona Aglukkaq. Il cherche les 3,5 M$ manquants pour construire la nouvelle usine, clé de voûte d'une industrie de la pêche prospère. « Nous croyons, dit M. Ramsay, que CanNor est potentiellement un gros partenaire pour l'usine. »
Le plan est que la nouvelle usine soit la propriété de la Fédération des pêcheurs des Territoires du Nord-Ouest, mais à écouter les différents intervenants dans ce dossier, on comprend qu'il pourrait y avoir partenariat. Comme il y a peu d'argent à faire avec du poisson non transformé, l'objectif de l'usine est de fournir des produits à valeur ajoutée. Là encore, on comprend que la nature des opérations peut varier en fonction du financement et des débouchés, depuis le filetage jusqu'au fumage.
Gestionnaire en économie traditionnelle, agriculture et pêcherie au MITI, John Colford estime que la nouvelle usine sera construite en 2017.

Marchés
Aux Territoires du Nord-Ouest, en 2014, on a pêché moins du tiers du quota autorisé. Il y a donc du potentiel pour investir davantage le marché local et extérieur. Le gouvernement ténois et la Fédération des pêcheurs des TNO négocient actuellement avec l'Office de commercialisation du poisson d'eau douce (OCPED) pour obtenir l'accès au marché albertain.
John Colford fait valoir que grâce à sa proximité géographique avec l'Alberta, les Territoires du Nord-Ouest sont plus à même d'alimenter ce marché que l'Office, situé à Winnipeg. En fait, selon les villes, les distances se ressemblent beaucoup et dans certains cas, comme Medecine Hat, elles avantagent l'OCPED.
Les Territoires du Nord-Ouest peuvent aussi renflouer en volume l'OCPED, fondé en 1969. Des cinq membres initiaux, le Nord de l'Ontario, la Saskatchewan, l'Alberta, le Manitoba et les Territoires du Nord-Ouest, il ne reste plus que ces deux derniers. La pêche commerciale a cessé en Alberta en 2014. Elle ne représentait que de 3 à 4 % du volume reçu à l'usine de transformation de l'OCPED à Winnipeg selon l'organisme, mais les TNO pourraient tirer profit de cette défection alliée aux autres départs.
En vertu de le Loi sur la commercialisation du poisson d'eau douce, les TNO ne peuvent actuellement pas exporter ou vendre leur poisson dans d'autres provinces ou territoires. Dave Bergunder, directeur des opérations sur le terrain de l'OCPED, a confirmé que des négociations étaient en cours pour le marché albertain. L'Office pourrait en conserver une part. Quoi qu'il en soit, assure-t-il, l'organisme demeurera, un partenaire de la Fédération des pêcheurs des TNO. Il a participé à l'élaboration de la stratégie ténoise en matière de pêcheries. « La Fédération vendra localement et à l'extérieur et nous serons un de leurs clients », de dire M. Bergunder.
Ni l'OCPED ni le MITI n'ont donné à L'Aquilon une estimation de ce que représente l'Alberta en matière de ventes.

Recrutement
Les TNO cherchent également à recruter des pêcheurs albertains mis au chômage par la fermeture de pêcherie commerciale. « Je pense qu'il y en a quatre ou cinq chez nous actuellement », croit John Colford. Il ajoute qu'un pêcheur albertain, Doug Clayton, agit à titre de contact entre ses homologues et les TNO.
À l'Assemblée législative lors de la dernière session, David Ramsay a dit anticiper que d'ici cinq ans, l'impact économique de l'industrie de la pêche pourrait décupler et générer plus de 200 emplois. Il a ajouté que les revenus des pêcheurs devraient augmenter de 50 %.
La Fédération des pêcheurs des TNO ne nous a pas rappelés.