Le Canadien de Montréal : Vente de débarras

13 novembre 2014
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Marc Bergevin vient de poser deux gestes somme toute anodins. D’abord, il a rétrogradé Rene Bourque à Hamilton en le soumettant d’abord au ballotage. Quelques heures plus tard, il annonçait une transaction qui envoie Travis Moen à Dallas en échange du très vieux défenseur Sergei Gonchar.
Je crois que les entraineurs ont tout essayé pour relancer Rene Bourque. Il a eu des statistiques raisonnables à sa première année suivant son échange à Montréal, mais rien de concret par la suite. Un soir, il ne s’inscrivait pas au pointage, mais démontrait du chien et jouait comme un attaquant de puissance, bataillant pour le contrôle de la rondelle et assénant de bonnes mises en échec. Un autre soir, on ne le voit pas : il joue en périphérie, néglige sa couverture défensive et se retrouve à -2.
Au printemps dernier, Bourque avait connu de belles séries. Il n’était pas un Ovechkin, mais sa production de huit buts et trois passes en 17 matchs était excellente. Toute l’équipe croyait qu’il y avait eu un déclic dans sa tête et qu’il allait enfin jouer à la hauteur de son potentiel. Ses deux petits points en 13 matchs ont ramené tout le monde dans la réalité.
Personne ne pleure ou ne lamente son départ. Les gens se plaignent surtout que cela ne soit pas arrivé plus tôt, dans le cadre d’un échange qui aurait amené un jeune ou un choix au repêchage.
Puis le jour du Souvenir, voilà que Bergevin annonce un échange : Travis Moen contre Sergei Gonchar.
Personne ne croit que Gonchar était vraiment une valeur convoitée par Bergevin malgré ses propos selon lesquels toutes les équipes recherchent plus de profondeur en défense. Le contrat très dispendieux de Gonchar (cinq millions par année) vient cependant à échéance à la fin de la saison. Par ailleurs, il restait encore une saison au contrat d’une valeur annuelle de 1,85 million à Moen.
Si le contrat de Bourque est racheté cet été, cela libérera un autre 1,67 million à la masse salariale.
Plusieurs s’entendent à dire que ces deux gestes de Bergevin visaient simplement à libérer de la masse salariale.
On peut cependant espérer d’autres effets secondaires.
Un effet négatif est probable si Gonchar vient reléguer les deux jeunes défenseurs (Beaulieu et Tinordi) dans les gradins. Ils sont jeunes et encore en apprentissage. Leur apprentissage sera cependant retardé par chacun des matchs qu’ils ne disputent pas dans la LNH. Au moment d’écrire ce passage, l’équipe vient d’annoncer la rétrogradation de Tinordi à Hamilton.
Un autre effet négatif : la masse salariale disponible pour acquérir un joueur de location à la date limite des échanges vient d’être de beaucoup amoindrie. Je ne suis pas sûr que le club pourra aller se chercher un autre Thomas Vanek comme l’an passé.
Un effet positif peut se retrouver dans ce que Gonchar peut apporter dans l’efficacité du jeu de puissance (aucun but en dix matchs et 28e sur 30 avec un pourcentage anémique de 7,1 %). Therrien aura le choix de faire de nouvelles combinaisons.
Dernier effet secondaire : l’expérience de Gonchar pourrait venir à point si un des défenseurs réguliers venait à subir une blessure. Gonchar n’est plus que l’ombre du défenseur étoile qu’il était, mais il se présenterait avec un très grand bagage d’expérience.
Finalement, ces transactions me laissent sur ma faim. C’est peut-être parce que l’équipe vient de connaître un passage à vide, mais j’ai l’impression qu’il y a un urgent besoin de renfort et ce ne sera pas Gonchar qui va changer cette situation.