Premier anniversaire : Unis TV dit dépasser tous ses objectifs

22 octobre 2015
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Une partie de l’équipe des collaborateurs de Couleurs locales : Pascal Raiche-Nogue, Évelyne Charuest, Jean-Benoît Nadeau, l’animateur Frédéric Choinière, Mélanie Tremblay et Corey Loranger. (Photo : Unis TV)

Une partie de l’équipe des collaborateurs de Couleurs locales : Pascal Raiche-Nogue, Évelyne Charuest, Jean-Benoît Nadeau, l’animateur Frédéric Choinière, Mélanie Tremblay et Corey Loranger. (Photo : Unis TV)

Jean-Pierre Dubé (Francopresse)

Un an après sa mise en ondes, la nouvelle chaine déclare mission accomplie et ses efforts sont applaudis. Mais il reste du travail à faire.
« On a ouvert dans les délais, produit 36 émissions générales et on est en ondes 24 heures par jour. Nous avons 85 % d’émissions canadiennes et 76 % sont produites en français, on a dépassé de 50 % nos objectifs de production hors Montréal et hors Québec. »
Tel est le bilan du directeur des programmes à Unis TV, Pierre Gang. La chaine a connu une hausse de 13 % de son auditoire depuis septembre 2014, passant à 700 000 téléspectateurs par semaine. « Je suis assez fier que dans notre première année, on a déjà deux nominations pour les prix Gémeaux, meilleur jeu et meilleur animateur, pour notre émission quiz Pense vite. »
Le président de la Fédération culturelle canadienne-française, Martin Théberge, est également satisfait. « La mise en place d’une chaine nationale en si peu de temps relève de l’exploit. On a suivi la réaction de nos membres et le bilan est somme toute positif.
« On a des discussions régulières avec Unis, poursuit-il. Les francophones veulent se voir : on cherche plus un miroir qu’une fenêtre. On aimerait une plus grande présence de la francophonie canadienne, par exemple dans le choix des producteurs et des sujets traités. »
Selon Pierre Gang, la chaine est en bonne voie d’accomplir ce mandat. « On laisse parler les francophones, on veut les entendre dans leur quotidien. Il y a toutes sortes de façons de parler du pays. C’est une saveur qui n’existe pas ailleurs.
« La première année a servi à trouver la bonne personnalité pour la chaine, soutient-il. C’est une télé pour divertir, une télé accessible, complémentaire aux autres chaines. Comme TV5 Monde est un regard sur la planète, Unis est un portrait de la francophonie canadienne, avec des séries documentaires. »
La série Fou des oiseaux est particulièrement populaire, note le directeur des programmes. « Tout ce qui est nature nous intéresse. On va où les autres ne vont pas, on essaie d’éviter ce qui est urbain. On sent qu’il y a une réponse. »
Gervais Mbarga de l’Université de Moncton apprécie les séries sur la nature. « Ça donne l’impression que les régions hors Québec participent à la vie nationale, que ce n’est pas seulement du folklore. On voit que les communautés ont leur manière de vivre. »
Le professeur d’information-communication avoue qu’il était un peu sceptique sur la capacité d’Unis d’accomplir son mandat. « Il y a toujours des références au Québec mais il semble qu’on fait des efforts pour rejoindre les communautés. »
En août 2013, le CRTC a octroyé à TV5 Québec une licence avec distribution obligatoire pour offrir un nouveau service télévisuel de langue française à l’échelle du pays.
Unis ne cherche pas à se tailler une place dans la couverture de l’actualité, limitée au magazine hebdomadaire Couleur locale. Exceptionnellement, elle a présenté une émission spéciale, le 4 octobre, sur le thème de la francophonie dans la compagne électorale fédérale.
« Cette émission n’a pas été facile à monter, avoue Pierre Gang, on a une équipe qui a travaillé tout l’été. C’est l’émission qui coûte le plus cher à produire et (contrairement aux documentaires) ça passe juste une fois. »
Gervais Mbarga demeure très intéressé par Couleurs locales. « Ça demande d’être un peu plus travaillé. C’est dommage qu’on n’ait pas les moyens d’aller sur place pour des éléments visuels afin de voir ce qui se passe. On est à la télévision quand même. »
Le professeur demeure enthousiaste sur d’autres points. « C’est un bon effort de jeunesse, avec des présentateurs qui sont assez jeunes. On parle une langue correcte aussi. On pourrait donner un peu plus de rythme aux émissions avec des spectacles et d’autres éléments culturels.

« C’est une télé un peu trop éducative, soutient-il. On ne veut pas seulement s’instruire et réfléchir. Ces communautés ne sont pas appelées à disparaître. On veut voir des ambitions et des initiatives. Ça prendrait une ouverture (à TV5 Monde) pour montrer les hors Québec à l’international. C’est une question de survie. »