Pont de Deh Cho : Une traversée historique

06 décembre 2012
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Il fallait être très bien emmitouflé le 30 novembre dernier lors des cérémonies d'ouverture du pont de Deh Cho.
(Photo : Maxence Jaillet)

Il fallait être très bien emmitouflé le 30 novembre dernier lors des cérémonies d'ouverture du pont de Deh Cho. (Photo : Maxence Jaillet)

Depuis le 30 novembre 2012, la dernière capitale continentale canadienne est reliée au reste du réseau routier.

Le pont de Deh Cho qui enjambe le fleuve Mackenzie aux Territoires du Nord-Ouest a officiellement été ouvert au public, mettant ainsi fin à plus de 10 ans d’attente depuis que le projet de pont ait été proposé à l’Assemblée législative des TNO, en 2002.
Pour célébrer cette réalisation, des autobus ont fait la navette de Yellowknife pour se rendre non loin du pont pour une cérémonie autour du feu et pour la traditionnelle coupure du ruban. Plusieurs centaines de personnes se sont attroupées autour du premier ministre Ténois, Bob McLeod, de son ministre des Transports, David Ramsay, d’une ainée des Métis de Fort Providence, Beatrice Christie, et de Lennie Lacorne de la Première Nation dénée Deh Gah Gotie de Fort Providence.
Plusieurs personnalités ténoises ainsi que des invités ont traversé le pont en autobus précédant des centaines de piétons qui ont bravé le froid pour rejoindre la rive sud du plus long fleuve canadien. Parmi cette marche historique, le premier camion de la compagnie Rowe’s de Hay River à ouvert la voie au transport commercial. Cet honneur fait au fret routier n’est pas anodin, car c’est avec le passage des camions que le gouvernement espère payer la dette laissée aux contribuables par la construction de ce pont, qui a coûté jusqu’à maintenant, 202 millions de dollars.
Selon Daniel Auger, le sous-ministre adjoint du ministère des Transports, les frais de passage seront une source de revenus annuels d’environ 4 millions de dollars pour le GTNO. Lors de leur traversée vers le nord, les véhicules de plus de 4,5 tonnes devront payer entre 75 $ et 250 $, selon le nombre de leurs essieux.


Une excitation palpable
Avant la traversée, sur le pont, ou dans la tente chauffée installée sur la rive sud, l’excitation du public était palpable. Pour le Major Conrad Schubert, cette ouverture officielle est une journée historique. « Je suis très content d’être ici. C’est une connexion permanente en toute saison, cela peut changer beaucoup de choses. » Le représentant du quartier général des forces armées de Yellowknife ne pense pas que cela aura beaucoup d’implication pour les militaires, mais assure que les gens seront plus sereins de ne pas avoir à se préoccuper pour savoir si la capitale ténoise est reliée ou non au reste du Canada.
Serge Levasseur habite le village de Fort Providence depuis 30 ans et le pont de Deh Cho ne l’impressionne pas. « Ça fait quatre ans que je le vois en construction. C’est la fin d’une ère, mais pour moi, ce n’est pas une grosse affaire. » Le francophone avance que Fort Providence va surement bénéficier du fait que les produits frais pourront être acheminés en tout temps sans payer le surplus que coutait l’approvisionnement héliporté lorsque le traversier ou le pont de glace étaient fermés. « Cela ne va pas changer grand-chose dans ma vie de tous les jours en été, mais en hiver par exemple… ce sera complètement différent », d’attester celui qui travaillait à la construction de la route de glace qui traversait annuellement le fleuve Mackenzie de la mi-décembre à la mi-avril. M. Levasseur est un employé du ministère des Transports et se réjouit de pouvoir continuer à travailler sur l’entretien de la route sur le nouveau pont. « On doit le nettoyer pour commencer, puis mettre du sable avec le même produit que l’on utilise pour les pistes d’atterrissage en hiver, du E36 », dit-il en ajoutant que ce fluide de dégivrage remplace le sel qui est banni du pont pour ne pas faire rouiller la structure en acier. Serge Levasseur mentionne également que la fin du service traversier va inévitablement couter quelques emplois à la collectivité.

Le traversier déménagé
Avec l’ouverture du pont, une autre cérémonie a été marquée ce 30 novembre. Après avoir traversé le pont, les dignitaires ont, une dernière fois, utilisé le Merv Hardie pour relier les deux rives du Mackenzie exactement au même endroit où a été érigé le pont. Juste avant de quitter la rive, le ministre des Transports s’est remémoré les années de service de ce traversier. Malgré des indications suggérant qu’il remplacerait le traversier de Fort Simpson qui devrait remplacer celui de Wrigley qui serait vendu à la Colombie-Britannique, le ministre a déclaré que le lieu de sa réaffectation n’était pas encore confirmé.
Après des réjouissances communautaires au village de Fort Providence, le pont de 1 km a été illuminé par un spectacle pyrotechnique. Le trafic routier qui avait été interrompu durant l'après-midi a très lentement repris son flot du fait des congestions occasionnées par les centaines de véhicules venus pour apprécier le spectacle.