Tourisme TNO : Une subvention pour d’impeccables toilettes

17 juin 2010
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Paul Babin se réjouit d'avoir ferré et remonté un gros brochet avec l'aide du guide de pêche du Trout Rock Lodge. (Photo : Maxence Jaillet)

Paul Babin se réjouit d'avoir ferré et remonté un gros brochet avec l'aide du guide de pêche du Trout Rock Lodge. (Photo : Maxence Jaillet)

Le gouvernement octroie un programme de financement pour diversifier les activités des pourvoyeurs.

 

Ce sont un peu moins de 3,5 millions de dollars qui ont été investis dans la diversification des produits touristiques des TNO depuis trois ans. Un programme qui tombe à point pour certains pourvoyeurs, alors que leur activité la plus lucrative, la chasse au caribou, vient de s’écrouler définitivement. Récemment, un récipiendaire de ce programme de l’année 2008-2009 a coupé le ruban de ses toutes nouvelles installations du Trout Rock Lodge, situé sur les rives du bras Nord du Grand lac des Esclaves. Ragnar Wesstrom a opté pour quatre nouveaux appartements accueillant quatre personnes chacun dans un tout nouveau bâtiment, en plus d’un agrandissement comprenant une salle de conférence et une suite VIP à l’étage. Lorsqu’on demande à cet entrepreneur, qui développe ce site depuis une vingtaine d’années, quel est l’élément clé de sa diversification de produit, il répond sans hésiter : « les toilettes ». Fier de ses nouvelles installations sanitaires, le pourvoyeur peut maintenant aller, sans complexe, vendre son produit nordique dans les foires touristiques de l’Asie. Auparavant, la question fatidique des opérateurs nippons ou coréens le faisait toujours grincer des dents, puisque la seule réponse qu’il avait à donner était : « Nous avons des toilettes sèches à l’extérieur ». Il explique que les séjours d’observation d’aurores boréales (du 1er décembre au 15 avril) qu’il vend sur le marché asiatique sont d’ores et déjà une activité de choix pour sa compagnie, Enodah Wilderness Travel. Mais avec des installations chauffées et sans odeur, le client asiatique, que M. Wesstrom qualifie de pointilleux en ce qui concerne les toilettes, est très satisfait. « Nous avons mis à l’essai nos toilettes cet hiver et nous n’avons reçu aucun commentaire négatif », de se réjouir le pourvoyeur. Bien sûr, les 233 000 dollars alloués par le gouvernement des TNO pour l’amélioration d’un produit existant ne se sont pas résumés au confort intime des clients. Le Lodge comprend désormais un service Internet sans fil très apprécié par les touristes américains qui remplissent le camp de pêche du mois de juin au mois de juillet. L’installation de plusieurs panneaux solaires permet désormais de ne plus faire tourner une génératrice au diesel 24 heures sur 24. D’après les calculs de Ragnar Wesstrom, c’est une économie de 70 % sur la consommation de ce combustible qu’il est possible d’effectuer durant l’été. En hiver, il anticipe que cette économie se situera autour des 40 %. Outre le fait d’avoir un camp plus éconergétique, c’est le silence retrouvé qui marque le plus les clients.

Le site de Trout Rock est un ancien campement autochtone déserté par ses résidents dans les années 1950. Selon la femme de Ragnar, Doreen, dont le nom de jeune fille est Drygeese, cinquante familles ont préféré quitter ce lieu pour Yellowknife ou Behchoko après que le gouvernement ait proposé de construire une route reliant le bord du lac à la route numéro 3. Le nom de Trout Rock est resté, même si dans ces eaux parsemées de petites îles, ce sont les énormes brochets qui font la fierté de ce camp de pêche.