Nouveau corridor de transport dans le Nord : Une seconde Transcanadienne?

C’est au plus tard le 18 novembre qu’Ottawa répondra à la proposition du Comité sénatorial permanent des banques et du commerce de créer un corridor nordique pour le transport, un projet de plusieurs milliards de dollars.

Le gouvernement fédéral s’est abstenu d’en révéler davantage, mais a souligné que son nouveau Fonds national des corridors commerciaux se voulait conforme à l’orientation du Comité sénatorial. Le 28 août dernier, le ministre des Transports Marc Garneau était à Yellowknife pour en faire la promotion. 400 M $ sont disponibles pour le développement et la réfection d’infrastructures routières, maritimes et aéroportuaires aux Territoires du Nord-Ouest, au Yukon et au Nunavut.

La première recommandation du rapport du Comité est d’accorder une subvention de 5 M $ à l’Université de Calgary et au Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations (CIRANO) pour effectuer des analyses supplémentaires. Ces institutions ont publié l’étude initiale d’Andrei Sulzenko et de Garrett Kent Fellow qui a inspiré le Comité.

Son président, David Tkachuk, d’obédience conservatrice, continuera à faire du lobby en faveur de ce projet — une réincarnation de 1867 — au retour en Chambre cet automne. « En septembre, a-t-il ajouté, je vais aussi rencontrer le caucus conservateur et le ministre des Transports de son cabinet fantôme, Kelly Block [députée de Carlton Trail—Eagle Creek, Saskatchewan]. Je m’attends à ce qu’ils soient très favorables au projet. »

Réaction
Robert Aubin est député de Trois-Rivières (Québec) et porte-parole du Nouveau Parti démocratique en matière de transport et de francophonie. « Nous espérons que le corridor nordique deviendra un projet de loi, a-t-il déclaré. Nous sommes tout à fait d’accord sur le fond; c’est sur la forme qu’il faudra voir. Il faut consulter correctement les communautés autochtones dans l’élaboration du tracé. Dans certains dossiers de transports, ça s’est fait n’importe comment, entre autres pour la Loi sur la protection sur la navigation. »

L’adhésion du NPD est également conditionnelle à des études environnementales à long terme, à une diminution du coût de la vie dans le Nord et à faire de la transformation au Canada au lieu de simplement exporter les ressources premières. «  Il faut vraiment que ce projet passe par du financement public. On est encore dans des mois, voire une année, où on peut faire un emprunt à un taux minimal. » Si on finance le corridor nordique par des PPP ou par la Banque d’infrastructures, affirme le député, les investisseurs voudront des taux de rendement de 7 à 9 % sur les mises de fonds et on multipliera les coûts d’infrastructures déjà exorbitants dans le Nord.

Son tracé de 7000 km relierait le Labrador aux Territoires du Nord-Ouest et pallierait le manque d’accès actuel aux zones côtières. Connecté avec le Sud, il serait constitué de réseaux de transport routier, ferroviaire et pipelinier, de télécommunications et de distribution d’électricité.

Son objectif principal est d’accroître les exportations canadiennes vers l’Asie et l’Europe et de nous rendre moins dépendants des États-Unis comme partenaire commercial et lieu de transit. Le corridor vise à diminuer le coût de la vie dans le Nord et à appuyer la souveraineté canadienne dans l’Arctique.

En attente d’évaluations précises, le coût de ce chantier colossal est évalué à « plusieurs milliards de dollars ».


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