Rencontre d’information sur la cueillette des champignons sauvages. : Une ressource à gérer et à cueillir avec précaution

14 mai 2009
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Ecology North sensibilise la communauté de Bechoko sur le potentiel commercial des champignons du territoire tlicho et sur la prudence nécessaire lors de la cueillette.

 

C’est dans le cadre de la semaine de la Terre et du projet d’adaptation aux changements climatiques qu’Ecology North a initié, en partenariat avec le gouvernement tlicho et la communauté de Bechoko, une rencontre d’information pour quelques dizaines de citoyens. C’est le biologiste et chercheur indépendant, Joachim Obst, qu’Ecology North a choisi pour parler de l’écologie, l’économie et la cueillette des champignons sauvages.

 

Au cours du mois de juin et la mi-juillet, il y aura beaucoup de va et vient dans cette région. Les spécialistes de la cueillette des champignons prévoient une bonne récolte sur les milliers d'hectares de terrain qui ont brûlé l’an dernier et s’attendent à ce que viennent des cueilleurs de partout. Un brûlé d’un an est un habitat propice pour les morilles (voir L’Aquilon du 25 juillet et 1er août 2008 pour les détails d’une cueillette).

 

Daniel T’seleie, planificateur aux changements climatiques, travaille à plein temps avec les quatre communautés tlichos (Bechoko, Whati, Gameti et Wekweti) afin d’identifier les impacts négatifs prévisibles des changements climatiques sur les divers aspects de la gestion du territoire. « Il est prévu que les feux de forêt augmenteront en nombre et en sévérité, on soupçonne que ceci se traduirait en une augmentation du potentiel mycologique de la région. C’est aussi pour cela que la rencontre qui a eu lieu le 5 mai 2009 est importante», explique-t-il. Le but est de sensibiliser la communauté de Bechoko et de leur démontrer le potentiel d’une économie basée sur cette ressource; une économie durable. En se remémorant le fait que les gens sont encore troublés par les dommages environnementaux qu’ont causé les compagnies minières. Monsieur T’seleie entrevoit qu'une gestion adéquate de cette ressource puisse créer divers types d’emplois bien rémunérés et à faible impact environnemental.

 

Se basant sur des expériences passées, Monsieur Obst a présenté l’écologie des champignons, leur comestibilité, leur gestion et leur cueillette. Il y a 3000 espèces de champignons qui poussent dans les TNO et plusieurs sont venimeux. De ce nombre, on compte 20 espèces de morilles dont plusieurs sont toxiques et même mortelles. «Il n’est pas possible de se fier aux guides de terrain puisqu'une même espèce peut avoir différentes toxicités dans divers environnements, il est important d’être guidé par un expert ou quelqu’un qui connaît très bien les champignons pour les premières cueillettes.»

 

Outre les toxines, les quantités de métaux lourds dans l'environnement ne sont pas à passer sous silence. Les résultats de quelques recherches démontrent que les champignons absorbent notamment l’arsenic, le cadmium, le plomb et le mercure. Ainsi une analyse d'un petit échantillon de champignons autour de Yellowknife semble indiquer la présence de plomb et d'arsenic ce qui inquiète Joachim Obst «Je recommande de ne pas cueillir de champignon à l’intérieur d’un rayon de 10 km de Yellowknife et idéalement 30 km, et ne pas cueillir à l’intérieur de 1 à 2 km des autoroutes.»

 

Par contre, quelques échantillons de champignons de la région de Bechoko ont été testés et ne permettent pas de soupçonner de problème s’ils sont cueillis à plus de deux kilomètres de la route.

 

Selon plusieurs commentaires recueillis, un désir émerge que ce soit la communauté qui puisse décider qui pourra cueillir sur le territoire tlicho. En effet, en se basant sur l’entente des Tlichos, il faudrait la permission des autorités tlichos pour cueillir ces champignons.