Une quête plutôt qu’une enquête

L’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées démarre dès le mois de septembre et devrait se conclure en 2018.

Malgré un échéancier bien établi, il est impossible de savoir quand les réels bénéfices en découleront. Ou mieux, quand les réels bénéfices cesseront d’en découler. Car c’est pour le mieux que le Canada va se regarder dans le miroir à la recherche de la vérité. La vérité pour comprendre, mais surtout stopper des mécanismes sociaux, bureaucratiques et criminels qui infligent une totale insécurité aux femmes autochtones canadiennes. Comme toute quête de vérité, il va falloir se centrer sur le sens pratique de cette quête : la véracité. C’est-à-dire se dissocier du mensonge et désigner les causes et la mécanique d’une injustice bien trop réelle.


Toutefois, cette quête de vérité va lancer le pays dans une opération à cœur ouvert. Et comme toute intervention chirurgicale très lourde, le patient est à risque. Lorsque l’on ouvre une cavité cardiaque, il faut maintenir l’oxygénation du corps. Ça peut se faire grâce à une pompe artificielle qui maintien la circulation sanguine. J’espère que la véracité sera cette pompe artificielle nous permettant de nettoyer ces artères obstruées asphyxiantes des communautés autochtones, qui forment une partie intégrante de notre identité canadienne.


Je viens de finir Aussi longtemps que les rivières couleront, ce roman où James Bartleman, le premier lieutenant-gouverneur autochtone de l’Ontario, décrit l’autodestruction d’une survivante des pensionnats indiens. Inspiré, il conclut son livre par un cercle de guérison. Une sorte de prémices à la Commission de vérité et réconciliation du Canada, qui est finalement devenue réalité en 2012. Durant cette séance de réconciliation, l’héroïne pardonne au prêtre qui l’a agressée toute sa jeunesse. Lui, ne reconnaîtra pas les faits. Mais elle, Martha, sera capable de chasser les démons qui l’habitent. Encore une fois, j’espère que l’Enquête imposera la véracité, car c’est bien beau de pardonner, mais les coupables doivent aussi savoir reconnaître leurs méfaits.


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