Éditorial : Une opportunité

22 octobre 2015
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Après 10 ans, le Reform Party a perdu le pouvoir. Bon, ce n’était plus le Reform depuis de nombreuses années, mais leur gouvernement majoritaire gouvernait le pays comme si le parti de droite existait encore.
Comme plusieurs, je m’attendais à un gouvernement minoritaire. Mais ce n’était qu’un rêve. La question doit maintenant se poser : ce gouvernement se comportera-t-il comme celui qui l’a précédé, ignorant les véritables besoins du Canada au profit de concepts philosophiques de droite? On le saura d’ici quatre ans.
Un gouvernement minoritaire aurait été meilleur à plusieurs points de vue, mais surtout en raison du fait que les partis politiques en présence se retrouvent en période électorale constante et doivent nécessairement trouver les solutions qui plaisent le plus aux citoyens. Rappelez-vous à quel point les conservateurs étaient bons et sympas avant qu’on ne donne un mandat majoritaire au Parti conservateur. Une fois majoritaire, les masques sont tombés et le Canada en ressort meurtri tant à l’interne qu’à l’étranger.
Malgré tout, pour la francophonie canadienne, il faut battre le fer quand il est chaud. Pendant des années, le Parti libéral a appuyé la dualité linguistique. Plus que ça, c’est le Parti libéral qui a institué l’encadrement juridique et institutionnel de la protection des minorités linguistiques. Nos institutions sont étouffées par un manque criant de financement. Elles fonctionnent toujours avec le même niveau de financement depuis une douzaine d’année, ce qui représente un diminution réelle.
Il faut maintenant leur rappeler à quel point la francophonie canadienne a souffert ces trente dernières années. Politiques conservatrices, crises économiques et exercices de redressement budgétaire sont tous des facteurs qui ont contribué à affaiblir le mouvement francophone.
Pour la francophonie ténoise, c’est le moment ou jamais de faire du lobbying soutenu pour redresser la situation. Je ne crois pas que le nouveau député des Territoires du Nord-Ouest sera un allié, mais il pourrait nous surprendre. Par contre, il faut reconnaître que plusieurs députés libéraux du Canada, en commençant avec Stéphane Dion, pourraient devenir nos véritables alliés.
Il faut convaincre le nouveau gouvernement que son investissement prévu pour le Canada n’a pas à viser uniquement les activités des grandes compagnies de construction, mais qu’un investissement dans les groupes communautaires et dans les citoyens ordinaires est encore plus rentable pour le Canada, puisque cet argent crée des emplois et des programmes et retourne immédiatement dans l’économie.
L’élection d’un gouvernement majoritaire n’était peut-être pas souhaitable, mais on peut voir cela comme une opportunité qui se présente pour renouer des liens avec un parti jadis dévoué à la francophonie canadienne.