Garderie francophone à Hay River : Une journée à la garderie Petit Panda

05 décembre 2013
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Sophie, Hudson, Madame Marla, Dominique, Abigail et Kijel posent fièrement dans leur château, qui sert aussi de coin lecture. (Photo SIF)

Sophie, Hudson, Madame Marla, Dominique, Abigail et Kijel posent fièrement dans leur château, qui sert aussi de coin lecture. (Photo SIF)

Je m’amuse en français, tu apprends en français, nous grandissons en français

Dès mon entrée chez madame Marla, Abigail monte pour voir qui vient d’arriver. Ma guide touristique de 3 ans m’accompagne ensuite dans le sous-sol de la maison du Cranberry Crescent, là où Kijel, chef cuisinier de 4 ans, m’offre du bacon en plastique fraîchement cuisiné que je ne peux refuser. Assise dans la cuisine située sous le château, j’observe le décor rempli de jouets, de livres, de projets artistiques et d’un brin de nature et je me demande pourquoi un lieu comme celui-ci n’existe pas pour les adultes qui sont 20, 30 ou 60 ans trop vieux pour la garderie du Petit Panda. Un lieu où chaque jour on apprend, on s’amuse, on se chicane parfois et surtout où l’on s’émerveille, tout ça, en français.

Dominique, 11 mois, évolue heureusement dans un milieu de vie où elle comprend tout, elle qui n’entend que du français à la maison. Sa maman, Nadine Foisy, a aussi choisi la garderie Petit Panda parce qu’elle est adaptée pour les parents qui ont un horaire de travail atypique, étant ouverte 13 heures 30 minutes par jour. L’apprentissage du français est primordial au Petit Panda, la seule garderie française de Hay River. Pour plusieurs enfants, il s’agit d’une deuxième langue qui est peu ou pas parlée à la maison. Madame Marla, armée d’une patience exemplaire, répète tout ce que les enfants disent en anglais pour qu’ils reformulent en français. C’est donc une petite victoire chaque fois qu’elle les voit se parler en français entre eux, tout naturellement. « Ça me donne la chair de poule quand ils parlent en français ensemble » dit-elle, alors que Sophie et Abigail discutent dans leur langue seconde, du haut de leur château.

Les enfants qui fréquentent la garderie jouent dans une vingtaine de centres où différents thèmes sont mis de l’avant tels que les mathématiques, la culture dénée, les arts, l’eau, les voitures et la lecture. Madame Marla m’explique les différents centres tout en devinant les emplois qu’occuperont les enfants dans le futur, selon les intérêts naturels qu’ils ont pour les différentes activités. Hudson, 2 ans, est fasciné par les trains. Nikolas, 5 ans, construit un enclos pour ne pas que les petites de 3 ans, dont sa sœur, viennent déranger ses animaux. Les enfants s’amusent souvent librement, tous âges confondus, puis à d’autres moments, l’horaire ressemble plus à l’école, avec des activités de mathématiques et d’éducation physique, entre autres. Pendant que les plus petits font la sieste, les grands vont à la table du professeur pour compter, lire et écrire.

Lorsque la garderie a ouvert ses portes il y a un peu plus d’un an, madame Marla s’attendait à accueillir plus d’enfants francophones, mais elle a finalement eu l’agréable surprise de voir que son projet intéressait des familles anglophones et métisses de la ville. Ce ne sont pas seulement les enfants qui font des efforts linguistiques, les parents aussi doivent parler en français dès qu’ils ont mis le pied à l’intérieur. Elle encourage fortement les parents à étudier le français, en leur offrant de garder leur progéniture pendant leur cours. La fierté qu’elle démontre envers les enfants, elle l’a aussi envers les parents qui font des efforts pour se souvenir de leurs cours de langue qui datent parfois de quelques années! Elle encourage Belinda Withford, qui, à la fin de la journée vient chercher Nikolas et Sophie et s’excuse de devoir discrètement continuer la conversation en anglais pour répondre à mes questions. Cette maman anglophone explique qu’elle veut offrir à ses enfants une bonne connaissance des deux langues officielles, eux qui grandissent dans un pays bilingue. Elle avoue que son fils de 5 ans est déjà meilleur qu’elle en français et termine en disant que d’envoyer ses enfants à la garderie du Petit Panda les encourage, eux-mêmes, les parents, à parler en français! Qui a dit qu’une langue se transmettait seulement des adultes vers les enfants?