NWT Pride : Une expérience déstabilisante pour Tricia Foster

20 août 2015
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L'artiste francophone ontarienne Tricia Foster lors du NWT Pride, le samedi 8 août. (Crédit photo: Dany Julien)

L'artiste francophone ontarienne Tricia Foster lors du NWT Pride, le samedi 8 août. (Crédit photo: Dany Julien)

Tricia Foster était à Yellowknife le 8 août dernier pour animer un atelier sur la communauté lesbienne, gaie, bisexuelle et transgenre, et la francophonie. Elle a aussi livré un spectacle dans le cadre du NWT Pride.

Invitée par l’Association franco-culturelle de Yellowknife, qui en était à sa première collaboration avec le festival, l’artiste francophone du Nord de l’Ontario a eu un beau court séjour en terre ténoise.
« C’était génial parce que c’est un peu un site mythique », a lancé la chanteuse, dès le début de l’entrevue.
Tricia Foster raconte comment s’est déroulé sa rapide fin de semaine dans la capitale ténoise : « Wow! Je n’ai pas été à Yellowknife longtemps, mais je me sens comme si j’étais à la maison. Le paysage et les gens, je vois beaucoup de ressemblance. Je me suis vraiment amusée! »
Samedi, elle avait rendez-vous avec les festivaliers pour animer un atelier en français sur la communauté lesbienne, gaie, bisexuelle et transgenre. « Juste un peu avant de donner mon atelier j’étais un peu perdue, je ne comprenais pas à quel point la langue avait rapport avec ma sexualité. Peu importe où tu es dans le monde et quelle langue tu parles, il y a des gens ignorants, des gens qui acceptent et d’autres qui n’acceptent pas et je ne voyais pas vraiment un lien avec la francophonie », a confié Tricia.
Elle avait reçu la consigne de commencer une discussion en français. Cependant, sur place, elle a rapidement constaté le manque de participation francophone et a transformé son atelier en séance d’écriture. Le thème du festival cette année était Free to be. Tricia Foster a demandé aux participants de composer une chanson en lien avec celui-ci et d’y ajouter des mots en français.
Lors de l’activité de l’artiste invitée, il y avait des gens des Premières Nations qui ont demandé l’ajout d’autres langues. « À la fin de l’atelier, on a eu deux langues autochtones, le français et l’anglais qui ont pris possession de la chanson », a-t-elle mentionné. L’exercice d’écriture a permis aux participants d’apprendre à composer une mélodie tout en partageant diverses langues et en vivant un échange de cultures.
Mme Foster était ravie du résultat final : « C’est toujours quelque chose de différent, on ne sait jamais qui va se pointer, ni quel type d’échange il va y avoir. Je n’ai jamais trop d’attentes au début et je suis toujours éblouie et heureuse à la fin. »


Spectacle unique
Le 8 août, elle était accompagnée de Shawn Sasyniuk, le batteur et le réalisateur de ces deux premiers albums. Le duo n’avait pas joué ensemble depuis longtemps et le plaisir de se retrouver sur la scène à Yellowknife se faisait ressentir. Celle que l’on reconnaît pour sa « grande gueule » a présenté un pot-pourri de ces trois albums. « C’était drôle pour moi parce que normalement, mes spectacles sont dans des salles super intimes et tout le monde comprend ce que je dis. Mon expérience samedi était un peu déstabilisante dans le sens où c’était en plein air et parce qu’en raison du beer garden, qui était un peu loin, je me sentais éloignée de la majorité des gens sur le site. Par rapport à la langue, aussi, puisque je n’étais pas certaine qui comprenait et qui ne comprenait pas. Pour moi c’était un peu déstabilisant, mais ça fait partie de ce que je fais et ça n’a rien enlevé par rapport à mon expérience à Pride. » Malgré tout, Tricia Foster a exprimé haut et fort son désir de revenir à Yellowknife.