Éditorial : Une enfance abandonnée

06 mars 2014
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La plupart des observateurs ont été estomaqués par les révélations contenues dans le rapport du vérificateur général du Canada sur la gestion du gouvernement territorial dans le dossier de la protection de la petite enfance.
Deux grandes constatations sont révélatrices de l’état déplorable de cette gestion.
Premièrement, près de 69 % des familles d’accueil n’ont pas subi une vérification complète de leurs antécédents, que ce soit pour leurs actions passées ou leur casier judiciaire. Dans tous les cas analysés, le vérificateur n’a trouvé que deux cas ou il y aurait eu mauvais traitements ou négligence. Il faut se rassurer du nombre peu élevé quand on sait qu’il y a un millier d’enfants qui ont besoin de ce service, mais il faut aussi se rendre compte que des centaines d’enfants étaient à risque sans cette vérification.
Deuxièmement, le rapport note l’absence quasi absolue de suivi des dossiers une fois les enfants placés en famille d’accueil. Encore là, le système et les enfants l’ont échappé belle s’il y a eu peu de mauvais traitements ou de négligence malgré ce laisser-faire systématique.
Le rapport note aussi que le gouvernement aurait avantage à mettre en place des services d’aide aux familles avant de recourir à l’acte ultime, qui consiste à retirer un enfant de sa famille. Cette notion de prévention est très importante, surtout quand on regarde l’énormité de la tâche du gouvernement pour faire un suivi de ce rapport.
J’aimerais aussi mentionner un aspect important du soin des enfants surtout en milieu autochtone et dans les petits villages. Très souvent, le gouvernement n’aura pas à intervenir puisque la famille, dans son sens élargi, sera la première à intervenir lorsqu’il y a des cas de mauvais traitements et de négligence parmi les neveux et les nièces. Nombreux sont les jeunes enfants qui grandissent non pas avec leur père et leur mère, mais plutôt avec un oncle et une tante. Ce système parallèle aide le système à ne pas être trop engorgé, mais il faudrait là aussi que le gouvernement puisse effectuer une forme de vérification.
On verra au cours des prochains mois comment le gouvernement réagira pour corriger cette situation.