Révision de la Commission d’examen conjoint : Une approbation conditionnelle

07 janvier 2010
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La Commission d’examen conjoint (CEC) du projet de gazoduc dans la vallée du Mackenzie a déposé son rapport le 31 décembre dernier. Celui-ci, par ses 176 recommandations, vise à supporter la construction de la ligne de gaz dans le sud des Territoires du Nord-Ouest. 

 

La CEC, mise en place en août 2004, a dédié les dernières années à examiner les impacts du gazoduc sur l’environnement et les communautés, dans la vallée du Mackenzie. Mise sur pied par le ministère de l’Environnement, l’Agence canadienne sur l’évaluation environnementale (ACÉE), l’Office d’examen des répercussions environnementales de la vallée du Mackenzie et le Conseil inuvialuit de gestion du gibier, la CEC a finalement publié son rapport de 679 pages, remis à la veille de la nouvelle année. On peut y lire que le PGM « offre une opportunité unique pour créer un avenir durable dans la vallée du Mackenzie et la région Beaufort-Delta ». Cette annonce comporte cependant un bémol considérable; cette approbation est valide seulement si le projet « est construit et exploité selon l’application intégrale des recommandations émises par la commission ».

 

Réactions des groupes publics

Pour Alternatives North, malgré le bon travail des membres de la CEC, le projet gazier du Mackenzie (PGM) ne devrait pas aller de l’avant. « Beaucoup de travail reste à faire pour rendre ce projet acceptable », partage Kevin O’Reilly, directeur de l’organisation, et, selon lui, il faudrait plus de temps pour tout mettre en place. Même si Alternatives North est en accord avec de nombreux points émis par la CEC, beaucoup de ses soumissions n’ont pas été entendues. L’organisation a l’intention de poursuivre l’étude du projet et ses membres remettront de nouvelles soumissions, en février, à l’Office national de l’énergie (ONÉ) – qui sera alors responsable de revoir les détails techniques et la réalité économique du projet.

Carla Sbert, directrice des programmes de conservation de Nature Canada, exprime quant à elle que « ce sont des recommandations loin d’être simples » et que « pleinement appliquées, celles-ci permettraient que le projet soit réalisé sans trop de dommage à l’environnement. » Cependant, Mme Sbert avoue qu’elle a une certaine réserve sur ce dernier point : « Si le projet va de l’avant, il faudrait que toutes les choses que la commission a recommandé soient mises en place… et je ne sais pas comment ils vont faire… » La directrice ne se considère pas très optimiste face au respect de toutes les recommandations, tel que demandé par la CEC, par le gouvernement et les promoteurs du projet.

Même son de cloche de la part d’Ecology North, le directeur de programme, Doug Ritchie, est aussi sceptique à ce sujet. Ecology North, en tant que petite organisation, a décidé de se pencher sur un point précis du PGM : les gaz à effets de serre. « Nous voulons que ce projet soit carbone zéro, mais nous n’en avons aucune garantie. » L’organisation environnementale continuera tout de même à travailler, elle aussi, sur de nouvelles demandes qu’elle remettra en février à l’ONÉ.

Du côté de WWF-Canada, aucune position n’a été clairement exprimée concernant le PGM. Selon Robert Powell, directeur du bassin de la rivière Mackenzie, « ce que nous faisons c’est que nous vérifions que si le projet va de l’avant, qu’il soit exécuté prudemment ainsi que dans le respect de l’environnement et de ce que les gens du Nord désirent concernant ce dernier. »

Malgré le travail des sept membres de la CEC à décortiquer le tout (ils ont reçu plus de 5000 soumissions par écrit et des milliers de recommandations concernant le pipeline), il faudra attendre le mois d’avril pour voir ce que l’ONÉ conclut, après des consultations avec de nombreux ministère du gouvernement fédéral et le cabinet.

Il est possible de consulter le rapport de la Commission d’examen conjoint en ligne : http:// www.ngps.nt.ca.