Pêche à Hay River : Une activité saisonnière

16 juillet 2009
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Ce bateau qui part en soirée sur le lac illustre le déclin de l’industrie de la pêche à Hay River. De nos jours, c’est devenu une activité individuelle et complétée par un autre emploi. (Photo: Françoise Jaussoin)

Ce bateau qui part en soirée sur le lac illustre le déclin de l’industrie de la pêche à Hay River. De nos jours, c’est devenu une activité individuelle et complétée par un autre emploi. (Photo: Françoise Jaussoin)

Après les années glorieuses des années 1950, la pêche commerciale s’est transformée en deuxième emploi.

 Propriétaire de son bateau, Steve Blakeley pêche en été sur le Grand lac des Esclaves depuis 30 ans. Il écoule ses produits au quai des pêcheurs le samedi matin et à l’Office de commercialisation des poissons d’eau douce qui, à partir de Winnipeg, vend les poissons à travers le monde.

« Je fais mon travail seul, dit-il. Je pars pêcher vers 4 heures du matin et je rentre vers 10 heures. L’hiver je conduis des camions et l’été je pêche. J’aime cette vie. »

Originaire du Nouveau-Brunswick, il habite sur le bras ouest de la rivière au Foin. Ce lieu était surnommé « la petite Saskatchewan », car des familles métisses de cette province sont venues travailler et vivre ici au début des années 1980. La famille Buckley est d’ailleurs la plus connue, sur les rives nord et sud du lac.

Cependant, ce surnom de lieu n’est pas représentatif de la diversité culturelle qui a marqué cette partie de la ville. Car, après la Seconde Guerre mondiale, des pêcheurs d’autres provinces sont venus, notamment depuis l’Alberta et le Manitoba, ainsi que des pêcheurs d’Islande. Et les quelques maisons qui restent sur ces berges peu fréquentées n’illustrent plus l’activité industrielle de pêche qui a marqué l'embouchure de la rivière.

En 1945, le ministère de Pêches et Océans Canada a découvert l’exceptionnelle qualité et quantité des poissons du Grand lac des Esclaves. Les Autochtones de l’endroit ne pratiquaient pas la pêche commerciale et le gouvernement fédéral a distribué des permis à des entreprises externes.

Cette même année, la compagnie albertaine McInnis Fish a installé deux barges de transformation et congélation de poisson à Gros Cap, l’un des lieux de pêche sur le lac. Au début des années 1950, Hay River comptait dix entreprises de pêche commerciale et huit usines de transformation. Une seule compagnie pouvait posséder jusqu’à 40 gros bateaux avec quatre membres d’équipage par bateau et 85 chaloupes avec deux rameurs par embarcation, ainsi que 50 Bombardiers pour la pêche d’hiver.

La construction du village des pêcheurs sur le bras ouest de la rivière au Foin a démarré en 1946, alors que l’espace habitable se rétrécissait de plus en plus dans le reste de l’île Vale au profit des entreprises. En deux ans, les déchets rejetés par les usines étaient proportionnels aux prises gigantesques de poissons et ont amplement pollué la rivière. Cette pollution était accentuée par celle des bateaux qui transportaient le poisson vers le reste du Canada par le réseau fluvial entre le lac et l’Athabasca.

En 1948, le gouvernement fédéral et celui de l’Alberta ont décidé de construire l’autoroute Mackenzie afin de développer le transport industriel, et pour désengorger les cours d’eau.

En 1950, les quantités pêchées atteignaient 4 000 tonnes de truites et de grand corégone. Actuellement, des quotas ont été imposés et limitent les prises annuelles à un peu moins de 2 000 tonnes par an.

Les quelques pêcheurs qui demeurent en activité ne peuvent plus vivre entièrement de ce métier. Tel Shawn Buckley qui a développé des options touristiques à côté de son métier de pêcheur.