Études nordiques : Un voyage culturel

28 mai 2009
0 Commentaire(s)
 Jane Dragon porte un chapeau de fourrure et des gants qu’elle utilise pour trapper avec son mari. (Photo : Françoise Jaussoin)

Jane Dragon porte un chapeau de fourrure et des gants qu’elle utilise pour trapper avec son mari. (Photo : Françoise Jaussoin)

 À l’École boréale, Jane Dragon est venue transmettre ses connaissances de culture autochtone chipewyan, tout en faisant voyager les élèves partout aux TNO grâce aux objets qu’elle a rapportés de ses voyages territoriaux et de ses échanges.

Des fourrures en guise de tapis, des peaux d’animaux du Nord, des objets de fabrication artistique et traditionnelle, des pots remplis de graines, de poils, d’huiles, voilà avec quoi Jane Dragon a fait voyager les enfants au-delà des murs de l’école, bien loin dans le pays et bien loin dans le temps.

En prenant chaque objet dans ses mains, Mme Dragon commentait une méthode de fabrication ou bien un usage, racontait une histoire de sa jeunesse ou de sa famille, devant un parterre de jeunes dont certains prenaient ce cours dans le cadre de leur programme d’études nordiques.

C’est pourquoi elle fut appréciée par son public. « J’ai aimé comment elle montrait les objets en racontant des histoires, témoigne Kiera Boulanger-Rowe, de la 4e année. J’ai beaucoup aimé l’histoire du castor et du rat musqué. Elle avait une peau de castor et une peau de rat musqué, elle a raconté comment les animaux parlaient entre eux et comment le castor n’aimait pas sa petite queue et comment il a demandé au rat musqué d’échanger leurs queues. »

Pour sa part, Ilona Gyapay, de 11e année, salue la qualité de la prestation de Mme Dragon. « Elle a mis beaucoup de travail pour recueillir les objets et les fourrures, dit-elle. Elle a aussi mis beaucoup d’efforts pour préserver la culture du passé et notre environnement. J’ai beaucoup aimé ses histoires. »

Mme Dragon est la grand-mère de Jill Bélanger, étudiante de l’école francophone. Elle habite à Fort Smith et terminait à Hay River sa tournée des établissements d’enseignement de toute la région du sud du Grand lac des Esclaves. Elle est arrivée avec des caisses contenant ses objets et surtout elle a préparé le repas du midi pour les élèves du secondaire, en leur proposant de déguster de la viande de bison et de caribou cuisinée avec du pain et du fromage.

Mme Dragon intervient depuis les années 1970 auprès des jeunes, car elle est à l’origine des premiers camps d’activités traditionnelles dénées à Fort Smith. Par la suite, elle a été sollicitée pour aller dans les écoles, et même dans les prisons. Elle a consacré plusieurs années à la collecte d’objets traditionnels dénés. Elle est elle-même l’une des couturières sélectionnées par Judy Thompson, conservatrice du Musée des Civilisations d’Ottawa, pour fournir des costumes et accessoires masculins et féminins dénés, ainsi que des peaux permettant de montrer les étapes qui aboutissent à une peau tannée.

« J’ai toujours vécu parmi des aînés, j’ai toujours voulu tout apprendre, j’ai beaucoup appris par les autres, dit-elle. Je suis heureuse de transmettre à mon tour ces connaissances apprises avec les autres. Mais aujourd’hui, je porte l’attention des jeunes sur l’importance de notre environnement, sortir, marcher, prendre l’air, respecter notre environnement, c’est vital pour notre société. »