Les 28, 29 et 30 août dernier, le Conseil a entendu la plainte déposée par
l'employé d'Ekati, Gerry Balmer, qui affirme que l'Association des employés
de la mine Ekati et les employeurs de la mine ont commis des pratiques
déloyales de travail.
Depuis 1999, plusieurs syndicats ont approché les travailleurs de la mine,
dont les métallurgistes unis d'Amérique et l'Alliance de la Fonction
publique du Canada. Un employé de la mine, Gerry Oliver, a toutefois formé
l'Association des employés de la mine Ekati.
En mai dernier, les employés d'Ekati étaient appelés à voter, afin de
décider si l'Association allait représenter les employés.
Gerry Balmer, qui s'est allié à l'Alliance de la Fonction publique du
Canada, a affirmé que l'Association était désorganisée et qu'elle ne
divulguait pas d'informations sur ses finances. Ce dernier a déposé une
plainte au Conseil.
« Ce qui semble évident, c'est que l'Association n'avait même pas les
moyens de faire la collecte des cotisations des employés ou d'identifier
leurs membres sans demander aux employeurs la liste des employés qui ont
payé leur cotisation », explique la représentante de l'Alliance de la
Fonction publique du Canada, Dolly Ablitt.
Cette dernière espère que le Conseil recommandera l'annulation du vote des
employés en ce qui concerne l'Association, ou qu'il rejettera
l'accréditation de l'Association en tant que négociateur des employés.
De son côté, Gilles Deslauriers, représentant du Métallurgistes unis
d'Amérique, a indiqué que le processus de d'organisation syndicale avait
cessé en juin 2000 lors du dépôt de la plainte, en attendant la décision du
Conseil. Ce dernier a avoué avoir été très mal accueilli lors d'une visite
promotionnelle à la mine Ekati.
« Certains employeurs jouaient au billard devant la salle où se tenaient
les réunions », a insisté Gilles Deslauriers, en spécifiant qu'il s'agit
d'intimidation.
Les deux organisations syndicales attendent la décision du Conseil.
Si le conseil rejette l'accréditation de l'association d'employés, les
métallurgistes unis d'Amérique et l'Alliance de la fonction publique seront
de nouveau en compétition pour obtenir l'appui des employés de la mine
Ekati. L'Alliance a perdu près de 8000 membres dans les services
correctionnels canadiens au cours de la dernière année alors que les
Métallos se disent forts de 53 000 membres dans l'industrie minière
canadienne.