Téléphone d’urgence : Un sentier bleu pour une ville verte

05 août 2010
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 Ecology North pense au transport durable lorsque son directeur veut améliorer la sécurité des sentiers.


Doug Ritchie veut promouvoir et développer le transport durable dans la ville de Yellowknife. Pour cela, le directeur d’Ecology North s’est présenté au conseil de ville de la capitale ténoise pour exposer un projet de téléphone d’urgence le long du très pratiqué chemin Pat McMahon/lac Frame.
 
« Ce que je veux c’est une véritable exploration du projet qui mènera à la protection des gens qui utilise le chemin », explique M. Ritchie. Le raisonnement de cet environnementaliste s’explique ainsi : Plusieurs personnes ont peur d’utiliser ce chemin le long du lac Frame, le jugeant trop dangereux. Si l’enjeu de la sécurité était surmonté grâce, entre autres, à l’utilisation d’un service de téléphone d’urgence, plus de résidents et de touristes se promèneraient à pied, en vélo ou en patin à roues alignées pour se rendre au centre-ville. Yellowknife s’activerait donc pour le transport durable.

« Ce que je comprends, explique Paul Falvo qui a assisté à la présentation en tant que conseiller municipal de la ville, c’est qu’on veut que les gens puissent être actifs, mais certains ont peur de ce sentier. La semaine passée, un touriste m’a avoué que des résidents de Yellowknife lui avaient déconseillé d’utiliser le sentier du lac Frame, même s’il y a des centaines de gens qui l’empruntent chaque jour », raconte Paul Falvo.

Les téléphones d’urgence sont ces bornes bleues que l’on retrouve le plus souvent sur les campus universitaires à travers le continent nord-américain. Dépendamment du modèle, un interphone ou un combiné est relié directement à une centrale de sécurité qui localise l’appel, intervient rapidement sur place alors qu’un gyrophare bleu rayonne au dessus de la borne. À Yellowknife, l’idée serait de pouvoir connecter ces bornes d’urgence disposées le long du sentier au quartier général de la Gendarmerie royale du Canada. À cette étape du projet, la GRC n’a pas encore donné son feu vert. Le principal obstacle à sa participation, relate Doug Ritchie, c’est qu’ils pensent que des petits malins vont crier au loup trop souvent et que ce service ne sera pas efficace du fait de ces fausses alarmes. « Ça vaut tout de même la peine d’essayer et d’explorer cette avenue », persiste le directeur d’Ecology North qui à la suite de sa présentation espère mettre en place un projet pilote durant le printemps 2011. Il pense obtenir un budget de 20 000 $ pour disposer deux ou trois bornes d’urgences sur le sentier menant au centre-ville.

Paul Falvo alimente le débat en questionnant le fait de n’avoir que deux téléphones d’urgence sur un si long chemin. Il dit ne pas savoir si les gens se sentiraient encore moins en sécurité lorsqu’ils seraient éloignés de ces téléphones bleus, ou si la mise en place de ce système ne ferait qu’exacerber la mauvaise réputation du sentier. Une solution envisageable pour contrer ce problème et augmenter la sécurité serait selon Paul Falvo, d’installer quelques caméras de surveillance à divers endroits sur le sentier. « J’ai proposé ça avec beaucoup de précautions, car beaucoup de gens tout comme moi, n’aime pas être surveillé tout le temps, n’aiment pas ce sentiment de Big Brother, mais il y a des situations où des caméras peuvent aider à la sécurité », dit-il.

Pour Doug Ritchie, c’est également une situation à explorer et ce n’est pas la seule d’après lui : « La ville a déjà élargi les passages étroits du sentier. Il faut regarder également les anciennes façons de surveiller un lieu, je parle d’améliorer le service de maintenance du sentier. Car s’il y a des travailleurs, donc des témoins constamment sur le sentier, la sécurité en sera bonifiée ».