Urbanisme : Un répit pour le chevalement Robertson

26 juin 2014
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Walt et Yvonne, à la manifestation en faveur de la conservation du chevalement Robertson, lors de la réunion du comité sur le patrimoine de Yellowknife. «La compagnie Con Mine nous donnait le chevalement et 1M$ pour le gérer, déplore Walt, et la ville a laissé passer cette opportunité. Je suis dégoûté de la façon dont la ville a traité ce dossier. Si ça avait été au privé, il y en a qui aurait perdu leur travail poure avoir échappé un million de dollars!» Denis Lord

Walt et Yvonne, à la manifestation en faveur de la conservation du chevalement Robertson, lors de la réunion du comité sur le patrimoine de Yellowknife. «La compagnie Con Mine nous donnait le chevalement et 1M$ pour le gérer, déplore Walt, et la ville a laissé passer cette opportunité. Je suis dégoûté de la façon dont la ville a traité ce dossier. Si ça avait été au privé, il y en a qui aurait perdu leur travail poure avoir échappé un million de dollars!» Denis Lord

Le symbole d'une ville minière qui te permet de dire : « Je suis chez moi ».

En présence de près d'une quarantaine de manifestants, le comité du patrimoine de Yellowknife a recommandé le 24 juin que la ville négocie avec la compagnie minière Newmont l'éventuel transfert à la ville du chevalement Robertson, qui faisait partie de la Con Mine. Le vote sur cette recommandation par le Conseil municipal aura lieu à la fin juillet.
Ce droit de négocier s'accompagnerait de la vérification de l'encadrement légal de la gestion de la tour patrimoniale et des coûts associés. Il semble que l'étude de Concentric Associates rendue publique en avril dernier ait laissé bien des questions en suspens. « Nous avons eu cent opinions sur ce que ça pourrait coûter, a déploré le conseiller Adrian Bell. Mais nous n'avons pas assez d'informations. Il faut une évaluation environnementale. Il peut y avoir des matières toxiques dans le chevalement. » « Nous ne connaissons les investissements nécessaires pour la décontamination du sol, les assurances et l’entretien, a souligné le conseiller Dan Wong. Pour moi, la priorité, c'est la revitalisation du centre-ville, mais je vais appuyer la recommandation si on peut identifier les risques. »
Le directeur des travaux publics de la ville de Yellowknife, Chris Greencorn, a mis de l'avant un autre point nébuleux : on ne sait même pas si la ville possède le droit légal de gérer le chevalement ou de le transférer à un tiers. Il a toutefois ajouté qu'il n'y a pas d'urgence à prendre une décision dans ce dossier puisque Newmont n'a pas de date de démolition prévue pour le chevalement et que la compagnie a renouvelé pour quatre ans son permis pour le site à l'Office des terres et des eaux de la vallée du Mackenzie.

La tour Eiffel de Yellowknife
C'est le conseiller municipal Bob Brooks qui est à l'origine de la recommandation. Il a dit avoir le « ferme soutien » de son homologue Linda Bussey, absente lors de la réunion, tout comme le maire Mark Heyck. Selon M. Brooks, plusieurs programmes de subventions, tant au territorial qu'au fédéral, pourraient appuyer la démarche. Lors de l'assemblée, divers intervenants ont également avancé l'idée, sinon la nécessité d'un partenariat. « Il faut voir cette histoire comme une occasion, a affirmé un autre conseiller, Niels Konge. Ce gros bâtiment pourrait résoudre notre problème d'entreposage d'archives, par exemple. »
La moyenne d'âge des manifestants était au-dessus de la cinquantaine. Le sujet de l'assemblée était clairement émotif pour nombre d'entre eux. Plusieurs travaillaient dans les mines dans le passé. Norah a travaillé 23 ans à la Con Mine. « En haut du chevalement, dit-elle, la vue est extraordinaire. Les touristes pourraient y monter pour voir le coucher de soleil. Ce serait un apport économique qui coûterait la moitié de ce que coûte le Wildcat. »
« Il y a beaucoup de raisons pour sauver le chevalement, de dire une autre manifestante, Tasha. Il a été un repère pour la navigation. Il pourrait maintenant servir à la mise en place d'un projet géothermique pour un nouveau quartier, pour chauffer une serre. « Le chevalement pourrait avoir divers usages, de dire le président de la NWT Mining Heritage Society, Walt Humphries. Mais c'est avant tout un monument, le symbole d'une ville minière qui te permet de dire : "Je suis chez moi." Est-ce qu'on demande à la Tour Eiffel d'être utile? »