Rivière des Esclaves : Un projet refusé

21 octobre 2010
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La Première nation de Smith’s Landing (PNSL) a eu le dernier mot dans les négociations d’un projet de barrage hydroélectrique sur la rivière des Esclaves, près de Fort Smith. Le projet ne verra pas le jour.

 

Le chef de la PNSL, Cheyeanne Paulette, aura été à l’écoute de sa communauté en refusant officiellement de donner le go au projet hydroélectrique proposé par l’entreprise albertaine ATCO.

 

Estimé à des milliards de dollars, le projet était négocié depuis plusieurs années déjà. Selon le Slave River Journal, c’est avec respect, mais non sans déception, que la compagnie ATCO a annoncé, conjointement avec la PNSL et TransCanada, que ce projet n’irait pas plus loin.

 

Pour le chef Cheyeanne Paulette, la décision a été facile. « C’est de réaliser qu’à la fin d’une étude ou non, nous étions opposés au projet », explique-t-il. Leur refus a donc coupé court à toutes les démarches, dont l’étude de faisabilité qui n’avait pas encore été réalisée. Selon ses propos, une entente était impossible afin de répondre aux exigences environnementales, culturelles et économiques de la PNSL. « Pour rendre ce projet réalisable d’un point de vue économique, ils auraient eu à inonder une bonne partie de nos terres », ajoute-t-il.

 

Un abandon temporaire

Pour sa part, Doug Tenney, le vice-président du développement hydroélectrique de la compagnie ATCO, a affirmé, selon le News North, que le projet était simplement « mis sur l’étagère ».

 

Interrogé sur ce qu’il pensait d’un éventuel retour à la charge de l’entreprise minière, le chef Paulette indique qu’il ne peut prédire les décisions futures, mais que pour le moment, le projet était bel et bien un dossier clos pour eux.

 

« Près de 99 % des gens de la communauté ont laissé savoir que c’était une bonne décision », a affirmé le chef Paulette, élu en juin dernier. En tant que nouveau chef, il a confié en être à son premier mandat à vie en politique. La façon dont il a été élevé, avec la chasse et la trappe, sa vie sur les terres et ses études en ressources naturelles ont été des outils précieux lors de sa prise de décision. « C’était plus une distraction qu’autre chose. Maintenant, nous pouvons aller de l’avant », est finalement heureux d’annoncer le chef Cheyeanne Paulette.

 

Outre la communauté de la PNSL, Kirsten Bradley, présidente du club de kayak de Fort Smith, n’a pas caché sa joie face à cette décision de laisser tomber le projet. Vendredi dernier, elle envoyait un message à tous les membres Facebook du Festival de la pagaie de Fort Smith pour leur annoncer la bonne nouvelle : « C’est une victoire magnifique, même s’il risque de revenir dans cinq à dix ans! ».