Économie : Un partenariat éolien

30 juin 2011
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L'énergie éolienne n'a pas seulement besoin du vent pour être utilisée à Yellowknife,
elle a besoin de partenariat.(Photos : Maxence Jaillet)

L'énergie éolienne n'a pas seulement besoin du vent pour être utilisée à Yellowknife, elle a besoin de partenariat.(Photos : Maxence Jaillet)

Début d’une étude de faisabilité pour installer des turbines éoliennes sur le plateau rocheux dominant la mine Giant.

 

L’énergie éolienne pourrait bien avoir le vent dans les turbines dans la capitale des Territoires du Nord-Ouest. Le gouvernement des TNO, celui du Canada, la Première Nation des Dénés Yellowknives et la compagnie Northern Canada Venture Corp lancent une étude de faisabilité sur les hauteurs du site de la défunte mine Giant. Grâce aux données météorologiques récoltées par un pylône antérieurement utilisé par la mine de diamant Diavik, les partenaires pourront connaître les véritables données éoliennes de ce plateau qui surplombe la route Ingraham.

Et le but d’utiliser ce corridor au souffle incessant : implanter la première installation éolienne proche de Yellowknife. Si Ric Boliver, le directeur de la compagnie Northern Canada Venture Corp, avoue que ce n’est pas le lieu le plus optimal en ce qui a trait aux vents, il insiste que la route, l’emplacement et l’accès à l’ancienne ligne électrique de la mine Giant font de ce lieu un endroit idéal pour développer un champ d’éoliennes d’une quinzaine d’unités. « La demande d’énergie à Yellowknife a considérablement augmenté depuis les 15 dernières années. La centrale hydroélectrique du lac Snare est utilisée à plein régime et fonctionne au niveau d’eau le plus bas autant que je puisse me souvenir. Ce que permet l’énergie éolienne, c’est d’augmenter le niveau de rétention d’un barrage. Je vois grand quand je pense à un champ d’éoliennes de 12 à 14 mégawatts (ce qui est la moitié de la demande de Yellowknife), cela réduira la pression sur la centrale Snare, et la centrale au diesel de Jack Fish n’aura plus besoin de fonctionner autant », espère Ric Boliver.

Selon le ministre ténois de l’Industrie, Bob McLeod, cette énergie renouvelable pourrait prioritairement servir à alimenter les opérations d’assainissement de la mine Giant, puis être utilisée comme source alternative pour la capitale ténoise. « Beaucoup de nos collectivités sont dépendantes des énergies fossiles, ce qui nous place en désavantage, alors nous devons trouver des alternatives d’énergie renouvelable », de statuer le ministre qui précise que c’était une des priorités de la 16e Assemblée législative.

 

Partage et apprentissage

« Nous avons terminé notre étude au Lac de Gras qui s’est déroulée sur trois ans. Nous avons simplement pensé que cette structure était encore utilisable et nous en faisons don pour qu’elle puisse effectuer une autre étude », d’expliquer Jon Brennan, le vice-président financier de la compagnie diamantaire Diavik. Ce dernier s’est montré réticent à l’idée de partager les résultats de l’étude conduite sur le site minier, mais s’est dit optimiste quant à l’éventualité d’utiliser l’énergie éolienne afin de diminuer l’utilisation des ressources fossiles à Diavik.

Le chef de la communauté de Dettah, Ed Sangris, prétend que dès 2008, les membres du Conseil d’administration de la compagnie Deton’Cho se sont fixés l’objectif d’un plan vert en plus de celui mis de l’avant par les gouvernements. « Être derrière ce projet est quelque chose qui nous rappelle que l’on fait quelque chose pour nos générations futures », a déclaré le chef Sangris parlant sur le territoire Drygesse. Il a insisté sur l’importance de trouver le juste milieu entre l’environnement et le développement économique. « C’est une occasion pour notre communauté de percevoir des salaires, que notre économie en bénéficie et notre environnement également. »

Pour le président de la compagnie Deton’Cho, l’occasion de faire participer ses membres à ce genre d’économie est une chance à ne pas manquer. « Pour nos membres, d’avoir ces occasions localement ouvre des portes. Lorsque les gens voient des choses arriver dans la communauté et réalisent qu’ils peuvent y prendre part, ils se rendent compte que des choses sont réalisables ici », prétend Roy Erasmus, qui ne pense pas que parmi les 1300 membres de sa communauté, il y aura un travailleur dans chaque domaine d’expertise possible, mais insiste pour dire que les circonstances opportunes sont là et que les portes sont ouvertes.