Pipeline : Un nouveau gazoduc arctique

18 juin 2009
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Exxon Mobil et TransCanada développent le projet d’un pipeline traversant l’Alaska pour rejoindre l’Alberta.

Un autre méga projet gazier se dessine dans le nord-ouest de l’Amérique du Nord. Exxon Mobil qui détient 69,6 % de la Pétrolière Impériale, l’opérateur principal du projeté Gazoduc du Mackenzie, vient de se lancer dans une coentreprise avec TransCanada pour exploiter et transporter vers le sud, le gaz arctique retenu au nord de l’Alaska. Un autre gazoduc pour le même marché? Exploités durant la même période?

Mais, le fait qu’un deuxième gazoduc estimé à presque 30 milliards de dollars canadiens puisse être construit en parallèle au pipeline de la vallée du Mackenzie ne vient pourtant pas troubler le cours tranquille de l’approbation du projet ténois. Selon les principaux intéressés, que sont les compagnies Exxon Mobil et l’Impériale, il y a de la place pour les deux projets. En conférence de presse, le jeudi 18 juin, Marty Massey, directeur des intérêts américains d’Exxon Mobil, s’est montré rassurant et a démenti toutes préférences vers l’un ou l’autre des deux projets. « Les deux projets sont séparés et possèdent des voies indépendantes au niveau des percées commerciales et de réglementation. Il est prévu que le projet gazier du Mackenzie (PGM) soit en service avant le projet de l’Alaska qui ne pourra voir le jour vraisemblablement qu’après 2018 » a-t-il déclaré, avant de spécifier qu’Exxon Mobil n’avait pas perdu d’intérêts dans le projet canadien.

Même son de cloche du côté de la compagnie Impériale, alors que son porte-parole, Pius Rolheiser a confirmé à L’Aquilon que l’apparition d’un autre gazoduc dans le Nord ne changerait rien à leur approche au sujet du PGM. « Les besoins du marché supporteront facilement deux pipelines. Pourtant, nous sommes persuadés que si les deux projets sont entrepris, le PGM sera le premier à aboutir. Nous avons quelques longueurs d’avance sur le projet de l’Alaska », a-t-il commenté. Il est vrai que, si ce nouveau gazoduc de 2 700 km traverse majoritairement l’État américain, il est tout de même planifié qu’il vienne se raccorder au système de distribution de TransCanada existant en Alberta. Le gazoduc devra lui aussi se conformer au processus de réglementation canadien dans lequel est engagé le PGM depuis plusieurs années. D’ailleurs, rien ne change pour l’échéancier du pipeline ténois selon le directeur du Secrétariat du projet de gaz du Nord, Brian Chambers. « Nous concentrons tous nos efforts pour remettre le rapport final au mois de décembre 2009, et rien ne va changer ça », a-t-il dit, confirmant que la commission d’examen conjoint du PGM n’a reçu aucune nouvelle lettre pressant d’achever leur rapport au plus tôt.

D’autres réactions se font pourtant entendre après cette annonce. La plus récente est celle du premier ministre ténois qui, lors de son discours d’ouverture du 9e Inuvik Petroleum Show cette semaine, a questionné l’engagement de l’industrie et du gouvernement fédéral dans un projet qu’il qualifie de moteur principal de la future économie des TNO. « Est-ce que l’industrie est prête à s’engager avec notre gouvernement pour arriver à une entente qui fera avancer le projet gazier du Mackenzie? Ou les incessants stimulants économiques proposés pour le gazoduc de l’Alaska vont-ils surpasser notre projet? » a-t-il lancé à son audience ce mercredi 17 juin.

Il faut également mentionner l’effort de la principale compagnie concurrente d’Exxon Mobil au Canada, Embridge, d’affirmer dans les médias, que la demande de gaz naturel provenant du Nord n’est plus d’actualité, vu les quantités déjà présententes aux États-Unis et la volonté des autres pays producteurs de gaz d’y stocker leurs marchandises.