Association franco-culturelle de Yellowknife : Un nouveau départ

30 août 2012
0 Commentaire(s)

La directrice de l’Association franco-culturelle de Yellowknife, Marie Coderre, a annoncé à tous ses membres qu’elle quitterait son poste le 31 août 2012.

Il y aura un gros trou à l’Association franco-culturelle de Yellowknife lorsque ce vendredi, en fin d’après-midi, sa directrice Marie Coderre fermera une dernière fois la porte de son bureau.
Yellowknife est une petite ville et même si l’annonce n’était pas faite encore officiellement, bien des gens savaient déjà que les jours de Marie Coderre avec l’AFCY étaient comptés.
Ceux qui pourraient croire qu’il y ait eu un conflit entre elle et les gens de la francophonie auraient tout faux. Une grosse dispute avec sa partenaire, l’agente de projets Pascaline Gréau? Encore moins.
En fait, à la suite du départ de Ben Nind au Northern Arts and Cultural Center, Marie Coderre a été sollicitée par plusieurs personnes, tant dans la communauté ténoise qu’auprès du gouvernement, comme candidate toute désignée pour être son successeur.
« Pour moi, le NACC touche plus à mes cordes au niveau professionnel et personnel, croit Marie Coderre. Si les gens portent attention à la programmation depuis trois ans, elle est beaucoup axée sur des projets culturels. Cela fait depuis 2008 que nous faisons des partenariats avec le NACC et nous en avons fait environ une dizaine depuis ce temps. Je suis vraiment contente parce que je vais avoir un gros terrain de jeu, vu que le NACC est une institution aux Territoires du Nord-Ouest. »
Ayant fêté ses 29 ans récemment, la francophone a décidé qu’il était temps pour elle de voir un aspect nouveau des Territoires du Nord-Ouest.

Un passage remarqué

Marie Coderre a commencé à travailler dans le Nord à partir de 2004, entrant dans le réseau francophone pour lequel elle a travaillé six ans au total, avec quelques départs pour le Québec en cours de route.
Lorsqu’elle est arrivée à la barre de l’Association franco-culturelle en juin 2010, beaucoup de pain sur la planche l’attendait.
Pourtant, la jeune directrice a tout donné dès sa première année pour amener à Yellowknife une salve d’activités des plus intéressantes, dont un projet remarquable qui s’est déroulé trois années de suite : le festival Miroir sur la francophonie nordique.
Avec sa partenaire de travail, Pascaline Gréau, elle a su donner des couleurs à l’Association franco-culturelle, augmentant sa cote auprès des institutions reconnues de Yellowknife.
En tout et partout, sous sa barre, l’organisme culturel francophone a créé 35 spectacles en deux ans et demi et plus de trois festivals de grande envergure dans la communauté.
« Ça me fait quelque chose de partir vite comme ça parce que j’aurais aimé terminer nos projets, affirme la directrice, mais en revanche, la vie n’est jamais préécrite, il y a des changements en cours de route. En tout et partout, j’ai travaillé presque six ans pour la francophonie. J’ai travaillé fort, j’ai donné tout mon cœur et je m’en suis même rendue malade physiquement. J’ai vraiment à cœur la viabilité des associations et que ce soit viable financièrement, que les employés soient heureux et qu’ils aient une vie qui soit agréable, pas juste de la surcharge de travail. Parce que dans le domaine à but non lucratif, c’est facile de se brûler au travail parce que tu fais tout. »
Le résultat en aura certainement valu tous les sacrifices encourus puisque plus que jamais, l’Association franco-culturelle a fait sa place à Yellowknife et est reconnue même dans le milieu anglophone.
« Je suis contente pour Marie, qu’elle ait cette occasion-là, avoue l’agente de projets Pascaline Gréau. Marie et moi on faisait vraiment un bon duo, alors c’est un petit côté triste quand même de la voir partir, mais ça va être pour faire des collaborations maintenant. Donc on va quand même se voir et rester amies, il n’y a pas de soucis, mais elle ne sera plus dans le bureau à côté. »

En route vers le NACC

L’apport de Marie Coderre pour l’AFCY est toutefois loin d’être terminé même si elle quitte la direction.
Déjà, lorsqu’elle était pour l’organisme francophone, elle a créé des connexions avec le Northern Arts and Cultural Center lors de la venue de plusieurs artistes, dont le groupe québécois De Temps Antan et l’illusionniste Gary Kurtz l’automne dernier.
Donc maintenant que l’ancienne directrice assumera le rôle de celui avec qui elle a conclu plusieurs partenariats, les choses seront encore plus faciles pour de nouvelles collaborations, qui seront aussi francophones que possible.
« On a déjà plein de projets pour l’année qui arrive, donc c’est sûr que je vais maximiser la promotion du français, mentionne Marie Coderre. C’est la première fois qu’il y a une francophone qui va être à la direction du NACC, c’est très positif et c’est une petite victoire en soit parce que c’est quand même un poste qui est politique. Ce n’est pas un désavantage que ce soit une personne qui parle deux langues. »
Elle avoue aussi que ce sera un bon défi pour elle de travailler en anglais tous les jours, mais ce ne semble pas être un obstacle qui va l’empêcher de bien mener son nouveau rôle.
Son ancienne partenaire, Pascaline Gréau, croit aussi que cela ne signifie pas la fin des projets entre l’AFCY et le NACC.
C’est d’ailleurs l’agente de projets qui assurera l’intérim à la direction en attendant que l’organisme se déniche un nouveau directeur ou une nouvelle directrice.
Pascaline Gréau estime qu’il est encore trop tôt pour affirmer si elle soumettra sa candidature pour le poste.
« Je ne me prononce pas là-dessus, je ne sais pas, précise-t-elle. C’est une période de réflexion, ça va me donner un goût, mais je ne me prononce pas pour l’instant. »
Sans aucun doute, la direction par intérim sera un bon défi pour elle, mais elle assure que son ancienne directrice fait tout pour bien préparer son départ en lui rendant la tâche le plus simple possible.
L’Association franco-culturelle de Yellowknife perd certainement le cœur de son organisation durant les trois dernières années, mais une chose est certaine : ce n’est assurément pas la dernière fois que l’on entend parler de Marie Coderre à Yellowknife.
L’AFCY a toutefois le mandat de trouver quelqu’un qui saura poursuivre la belle lignée que sa directrice avait tracée et si possible, épanouir l’organisme encore davantage.