Parc national du Canada : Un joyau boréal finalement protégé

11 juin 2009
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Le Cirque-of-the-Unclimbables a pour attrait principal la Fleur de lotus, une paroi d’escalade qui fait rêver les amateurs  les plus endurcis. Il fait maintenant partie de la réserve du Parc national du Canada Nahanni. ( Source : SNAP)

Le Cirque-of-the-Unclimbables a pour attrait principal la Fleur de lotus, une paroi d’escalade qui fait rêver les amateurs les plus endurcis. Il fait maintenant partie de la réserve du Parc national du Canada Nahanni. ( Source : SNAP)

 30 000 km2 , la réserve de parc national du Canada Nahanni devient l’un des espaces protégés les plus grands au monde.

 

Deux ans après une annonce effectuée par le gouvernement fédéral au pied des chutes Victoria sur la rivière Nahanni, le ministre de l’Environnement du Canada, Jim Prentice, a déposé un projet de loi à la chambre des communes, assurant la conservation de 91 pour cent de la région Deh Cho de la réserve de parc national du Canada Nahanni. Après l’adoption de cette loi sur les Parcs nationaux, la superficie protégée sera de 30 000 kilomètres carrés, ce qui représente un agrandissement de six fois supérieur à la superficie actuelle de Nahanni.

« C’est une grande fête pour nous, 30 000 km2, c’est assez grand n’est-ce pas. Il va falloir du temps aux Canadiens pour qu’ils se rendent compte que cette aire protégée est maintenant plus grande que les parcs de Banff, Jasper et Yellowstone réunis. C’est une énorme avancée pour la conservation des espaces vierges », a commenté Eric Hébert-Daly, directeur de la Société pour la nature et les parcs du Canada (SNAP), à la suite de la cérémonie officielle qui s’est tenue à Ottawa ce mardi 9 juin.

Le directeur de l’agence Parcs Canada, s’est lui aussi enthousiasmé de cet accomplissement. « Ce n’est pas une nouvelle pour nous, car cela fait depuis les 20 dernières années que nous travaillons pour atteindre ce niveau de conservation. C’est grâce à une étroite collaboration entre le gouvernement fédéral et les premières nations Deh Cho que cette expansion de la réserve a été possible. Depuis 2003, que l’on travaille pour une gestion coopérative de ce site, maintenant il y aura des bénéfices économiques pour les deux parties. » Alan Latourelle a mentionné que Parcs Canada veut développer de nouvelles avenues du tourisme durable en partenariat avec les communautés autochtones, et définir de nouveaux produits touristiques permettant de rejoindre d’autres marchés.

 

Prairie Creek

Au sein des nouvelles limites de la réserve se dessinent des zones non protégées et l’exclusion la plus importante de cette réserve est celle de la mine Prairie Creek. Installée depuis mai 1982, cette mine qui recèle du plomb, du zinc, du cuivre et de l’argent, ne détient pas encore tous les permis nécessaires pour démarrer son exploitation. « J’imagine qu’une fois sa durée de vie écoulée (14 ans d’après la Canadian Zinc Corporation), le site de la mine soit bien restauré et qu’ensuite il puisse être inclue dans la réserve », d’espérer Dennis Bevington, le député du Western Arctic et qui se rappelle avoir vu le directeur de la mine lors de la cérémonie de mardi à Ottawa. Même si le directeur de la SNAP admet que son organisme a toujours été en désaccord avec l’exclusion de la mine Prairie Creek, il a clamé en entrevue que le dépôt de ce projet de loi était un jour pour célébrer. « On fait un pas à la fois, on aurait aimé que ce soit inclus, mais c’est l’augmentation par six de la superficie qui est importante aujourd’hui. Ces nouvelles limites sont tout de même plus larges que ce que nous aurions cru », a affirmé Éric Hébert-Daly.

Le chef de la Première nation dénée de Nahanni Butte s’est réjoui pour sa part que le parc soit mieux protégé et que la mine n’y soit pas incluse. Fred Tesou a admis bénéficier du meilleur des deux mondes avec cet agrandissement. « Nous voyons beaucoup d’opportunités pour nos jeunes, grâce à cette expansion. En collaboration avec Parcs Canada, ils pourront travailler dans le domaine du tourisme. Avec la mine, nous nous concentrons sur plus de formations et plus de retombées économiques », a-t-il ajouté, en mentionnant qu’il avait appuyé les nouvelles limites de l’aire de conservation lors des rencontres avec Parcs Canada.