Éditorial : Un excellent changement de philosophie

26 février 2015
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Il y a plusieurs éléments extrêmement positifs à souligner dans l’annonce récente selon laquelle le gouvernement territorial entend mettre en œuvre un audacieux plan de prestation de services en langues officielles.
Premièrement, il y a le budget accru. Passer de 1,9 M$ à 5,2 M$ constitue une hausse extraordinaire. En effet, un tel budget assurerait une offre de services en français à tous les niveaux du gouvernement avec lequel un francophone peut avoir à transiger. Il faudra certes veiller à ce que la mise en œuvre soit faite de façon compétente et qu’elle soit bien encadrée de façon à éviter les erreurs du passé où des plans étaient restés inachevés en raison d’une mise en œuvre inappropriée.
Deuxièmement, c’est vraiment rassurant de voir le gouvernement adopter une attitude proactive dans ce dossier parfois négligé par les responsables politiques du passé. En effet, le gouvernement ne va pas simplement quémander au fédéral quelques miettes pour ensuite devoir se contenter de ce que le fédéral est prêt à lui offrir. Depuis des années, je m’évertue à souligner cette fameuse entente initiale entre le gouvernement des TNO et le gouvernement fédéral lors de l’adoption de la Loi sur les langues officielles des Territoires du Nord-Ouest. D’après cette entente, le gouvernement fédéral s’engageait à rembourser la totalité des sommes d’argent investies par le territorial pour la prestation des services en français. Dans le passé, je soulignais cette entente pour expliquer que le gouvernement territorial n’a jamais à enlever du pain sur la table de la population locale pour offrir des services en français puisque ceux-ci sont payés par le fédéral à partir de ses budgets de langues officielles. Le GTNO va surpasser mon idée restreinte de cette clause de l’entente. De façon proactive, le gouvernement va entamer la mise en œuvre de son plan de 5,2 M$ et se tourner vers le fédéral pour lui demander la somme nécessaire à la prestation de services en français soit... 5,2 M$.
Enfin, il faut se réjouir au plus haut point du fait que le gouvernement territorial demande à la Fédération franco-ténoise de l’appuyer dans cette démarche audacieuse. Je ne sais pas, mais un jour on verra peut-être cet événement comme étant le point tournant dans l’harmonisation des relations entre le gouvernement territorial et la francophonie. Non seulement le GTNO travaille avec la FFT pour l’élaboration de son plan, mais en plus, il reconnaît le poids politique que la francophonie ténoise peut avoir au niveau national, notamment si on s’appuie sur un soutien de la FCFA du Canada.
Dans l’ensemble, la stratégie du gouvernement territorial me semble des plus prometteuse et pourrait engendrer une ère de collaboration sans précédent entre l’État et les francophones des TNO.