Une quête incertaine : Un code du travail pour les T.N.-O.

14 avril 2000
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Le députe de Frame Lake fréquente de plus en plus les travailleurs depuis que la crise du fonds de pension de la mine Giant a pris son plein essor le mois dernier, s'il faut s'en tenir aux commentaires des personnes concernées. Depuis que les coupures de 25 pour cent aux chèques mensuels des retraités ont été annoncées, Charles Dent a décidé de prendre une position en défense des droits des travailleurs.

C'est pourquoi le 21 mars, lors de la dernière session de l'Assemblée législative, il a déclaré que les législations relatives au travail devraient être sous juridiction territoriale. Présentement, le gouvernement fédéral contrôle tous les aspects de cette législation aux T.N.-O. Monsieur Dent estime qu'une dévolution des pouvoirs dans cette juridiction affectera peu le gouvernement fédéral. « Ces lois ne sont pas toujours rentables pour Ottawa. Je suis convaincu qu'ils abandonneraient le monopole sur cette juridiction. »

Charles Dent propose une nouvelle loi pour empêcher les briseurs de grève de travailler lorsque des litiges opposent employeurs et syndicats. « Nos lois ne feraient que renforcer les lois fédérales en interdisant l'embauche de briseurs de grève », soutient M. Dent. Il cite la grève qui a eu lieu à la mine Giant au début des années quatre-vingt-dix comme exemple cinglant où de telles pratiques ont eu des conséquences fâcheuses.

Pourtant une nouvelle législation serait limitée, toujours selon ce dernier. Par exemple, les employés fédéraux ne seraient pas affectés par une législation territoriale. S'ajoutent également les employés de stations de radio et de télévision et les travailleurs de l'industrie ferroviaire et, de façon générale, tous les employés ¦uvrant dans des industries relevant de la compétence constitutionnelle du gouvernement fédéral.

Reste à savoir si le Cabinet est prêt à suivre les recommandations du député Dent. Le premier ministre des T.N.-O., Stephen Kakfwi, a indiqué que le transfert du contrôle des ressources naturelles et le partage des revenus avec le gouvernement féderal sont les priorités actuelles. Il a néanmoins laissé entendre que le GTNO a examiné quelles démarches étaient nécessaires pour adopter une législation du travail.

Le chef du syndicat représentant les employés de la mine Giant, Marc Danis, exprime néanmoins des réserves quant à la création d'une législation territoriale. « Toutes les questions pouvant affecter les travailleurs et les travailleuses à long terme doivent être examiné d'une manière satisfaisante. Si les objectifs à court terme sont les seuls à être considérés, alors la législation territoriale pourrait même être pire que la législation fédérale actuelle », soutient-il.

Monsieur Dent soutient que le modèle québécois devrait être examiné pour mettre un terme à l'embauche de briseurs de grève. Le député souhaite que les T.N.-O. aient un jour les mêmes pouvoirs que les autres provinces dans le domaine du travail.