C'est fou, mais l'imagination me manque. Pourtant, me direz-vous, ce ne
sont pas les sujets qui font défaut, par les temps qui courent. Je suis
bien d'accord avec vous, de là mon titre. En fait l'imagination ne me
manque pas vraiment, c'est plutôt le courage qui me manque.
Mon dernier article, où je rendais hommage à Terry Bradley, commençait par
ces mots : En ces temps de guerres mondiale et intestine. Je crois que le
mot intestine est resté sans écho pour plusieurs. En effet, après avoir
parlé avec quelques personnes, je me suis rendu compte, à mon grand dam,
que peu de monde connaissait le sens d'intestine, et cela donnait un autre
sens à ma phrase. Intestine n'a rien à voir avec les intestins, surtout
quand ce mot est placé à côté du mot guerre. Je vous cite ce qu'en dit le
dictionnaire :
" Qui se passe entre adversaires appartenant à la même communauté ". Vous
comprendrez peut-être ainsi mieux l'utilisation de ce mot, et ce pourquoi
je l'ai utilisé.
Pour en revenir à mon titre, Trop, c'est trop, plusieurs d'entre nous
comprennent trop bien où je veux en venir. Je parle bien des guerres
intestines, et non de la guerre mondiale, pour le moment. Je ne vais pas
entrer dans des détails touffus, pour ne pas dire obtus, où on se perdrait
tous dans des dédales infinies. De qui je parle. Je parle du départ de la
directrice de l'école. Renvoi? Démission? Je vous laisse vous dépêtrer avec
tout ça. Tout ce qu'on peut constater, c'est que la communauté francophone
est encore une fois déchirée par un drame qui remets tout son équilibre en
jeu. Je ne veux pas ici expliquer la situation, accuser ou excuser. Je veux
simplement dire qu'en temps de crise extrême comme nous en vivons une
présentement, l'une des choses qui importe le plus, c'est la vérité. Je
crois que la vérité prévaut toujours, peu importe le temps, peu importe
comment elle sort. Même si je voulais vous aider en vous racontant ce qui
s'est passé, pourquoi, je ne pourrais pas pour une raison assez simple : je
ne suis pas au courant. Et je ne crois pas que bien des gens soient au
courant. Les gens se contentent de subir des contrecoups d'une situation
déchirante. Courage tout le monde! Et ne laissez pas la situation
détériorer votre moral. Ne vous laissez pas avoir par la gravité de la
situation. En ces temps de déchirement, il faut se serrer les coudes et non
pas les enfoncer dans les autres, à qui mieux mieux. Vous n'avez rien fait
pour en arriver là. Soyez triste, mais gardez le moral. Comme je le disais
plutôt, la vérité sortira bien un jour. En attendant, il ne faut pas que la
situation décime un travail si bien entamé et mette à terre une communauté
bien connue pour son esprit combatif et ses grandes réalisations. Je parle
de notre communauté. Il ne faudrait pas que tout ce qui perdure, ce soit
l'image d'une communauté qui de déchire, s'entredéchire et pleure sur un
hier meilleur et un lendemain sans horizon.
Bien sûr, je parle en parabole et je ne peux pas dire les choses aussi
crûment qu'elles l'ont été exprimées récemment, dans le journal, il y a un
mois, par Karine Massé, car je ne pars pas, moi, je reste. Je ne veux pas
jeter de pierre à qui que ce soit. D'abord, je ne saurais pas à qui lancer
cette pierre, et surtout, je ne crois pas que le fait de lancer des pierres
arrange quoi que ce soit, bien au contraire. Je crois qu'il faut plus que
jamais faire preuve d'esprit de solidarité, de fierté, et ensemble,
traverser une crise qui doit cesser le plus tôt possible si nous ne voulons
pas ébranler les fondements mêmes de notre force.
J'espère que je ne semble pas moralisatrice. Là n'est pas mon but. Si c'est
ainsi que vous me percevez, je passe complètement à côté de la plaque. Tout
ce que je peux vous dire, c'est que si je n'avais pas écrit ce que je viens
de dire, je n'aurais tout simplement pas pu écrire autre chose. Ayant dit
ce que j'avais à dire, l'inspiration me reviendra peut-être. C'est ainsi.
Je nous souhaite à tous un moment de réflexion et un bon examen de
conscience. Là-dessus, bon automne quand même! Vous avez remarqué qu'il
fait froid dehors?
genevharvey@yahoo.com