Élections fédérales : Trois candidats pour un seul poste

08 octobre 2015
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OTTAWA – Un total de 338 députés seront élus le 19 octobre prochain et mettront le cap sur Ottawa fin d’aller y représenter leur circonscription respective. Parmi ces 338 élus, un en particulier verra ses moindres faits et gestes être épiés alors qu’il assumera le rôle de premier ministre. Qui de Stephen Harper, Justin Trudeau ou Thomas Mulcair héritera de cette fonction?
Comme il s’agit d’un poste assorti de grandes responsabilités – les conservateurs nous l’ayant assez répété tout au long de la campagne dans leurs publicités stipulant que Justin Trudeau n’a pas encore la tête de l’emploi – il est toujours pratique d’en apprendre un peu plus sur le passé des plus sérieux aspirants au poste de premier ministre. Surtout en ce qui concerne les informations que les chefs de parti « omettent » d’inclure dans leur biographie officielle.

Harper : seul dans son camp
Contrairement à ses deux principaux adversaires politiques, le premier ministre sortant Stephen Harper n’a pas à composer avec un parti politique aux idéologies similaires aux siennes et susceptible de lui arracher de précieux votes.
À la suite de la fusion du Parti progressiste conservateur et de l’Alliance canadienne (qui comprenait quant à elle les membres du défunt Parti réformiste), Stephen Harper s’est retrouvé à la tête du seul parti de droite à Ottawa. Il a délogé le Parti libéral en 2006 et tente cet automne de se faire élire pour un quatrième mandat de suite.
En fouillant un peu dans le passé de cet économiste, qui est l’un des deux seuls premiers ministres de l’histoire du pays à ne pas avoir étudié en droit, bien peu de surprises nous attendent. Bref, Stephen Harper est un politicien de droite, qui défend des idées de droite.
Prenant une brève pause de la politique fédérale à la fin des années 1990, il est devenu un membre influent au sein de la National Citizens Coalition. Il a adopté à l’époque des positions plutôt radicales, notamment en ce qui concerne le bilinguisme.
Il n’est pas reconnu non plus comme un ardent défenseur de la culture, ne s’est pas fait d’amis au sein de la communauté scientifique depuis son élection, mais semble plus modéré qu’à l’époque où il défendait les couleurs du Parti réformiste ou de la National Citizens Coalition. C’est possible qu’il se soit assagi afin de séduire les électeurs, mais après presqu’une décennie au pouvoir, les Canadiens ont une bonne idée de la personne à qui ils font face.

Trudeau : né dans la politique
Tout comme c’est le cas pour Stephen Harper, on sait clairement de quel côté se range Justin Trudeau, que la grande famille libérale a littéralement vu grandir jusqu’à son ascension à la direction du parti, au printemps 2013.
Justin Trudeau trempe en effet dans le milieu politique depuis son enfance alors que son père, Pierre Elliott Trudeau, a été premier ministre du Canada de 1968 à 1979, puis de 1980 à 1984. Il s’est exilé pendant plusieurs années, notamment pour enseigner le français en Colombie-Britannique, mais aspire maintenant à diriger le pays.
Aujourd’hui âgé de 43 ans, il pourrait devenir, le 19 octobre, le deuxième plus jeune premier ministre de l’histoire du pays. Seul Joe Clark le devancerait à ce chapitre, lui qui a été porté au pouvoir la veille de son 40e anniversaire de naissance.
S’il est élu, Justin Trudeau pourrait, en voulant légaliser la marijuana au pays, lancer le parlement canadien dans un débat qui suscitera sans l’ombre d’un doute des échanges musclés.

Mulcair : difficile à saisir
Si les allégeances des chefs conservateur et libéral ne laissent aucune place à l’interprétation, il en est tout autrement pour l’homme de confiance du Nouveau Parti démocratique (NPD), Thomas Mulcair. Ou est-ce plutôt Tom, le chef de l’opposition officielle sortant ayant raccourci son prénom en début de campagne?
Avocat de formation, Thomas Mulcair indique, dans sa biographie officielle sur le site du NPD, qu’il a préféré œuvrer au sein de la fonction publique plutôt que de se diriger vers le privé, dès la fin de ses études.
On ne mentionne toutefois pas qu’il a pratiqué le droit au privé et qu’il a été directeur des affaires juridiques pour le groupe Alliance Québec, qui s’opposait farouchement à la loi 101. On indique qu’il a été député puis ministre au provincial, sans préciser que c’était sous la bannière libérale. Il avait de plus accueilli favorablement l’entrée en poste de Jean Charest à la direction du Parti libéral du Québec, ce même Jean Charest qui était auparavant chef du Parti progressiste conservateur à Ottawa, tout comme plusieurs députés du bloc.
En faisant le saut au fédéral, le chef néo-démocrate a réussi tout un tour de force, soit de battre les libéraux dans la circonscription d’Outremont, qui était libérale depuis 1935, sauf pour une courte période entre 1988 et 1993.
Perçu comme le favori en début de campagne, le successeur de Jack Layton perd des plumes depuis quelques semaines, et son sort est relié de très près à la performance de ses troupes au Québec.