Territoires canadiens : Travailler pour l’Arctique

05 mai 2011
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Eva Aariak, Floyd Roland et Dennis Fentie se sont réjouis de la collaboration qu'ils ont entretenue durant les dernières années. (Photo : Maxence Jaillet)

Eva Aariak, Floyd Roland et Dennis Fentie se sont réjouis de la collaboration qu'ils ont entretenue durant les dernières années. (Photo : Maxence Jaillet)

Le 9e forum des premiers ministres territoriaux ajuste la vision septentrionale des territoires canadiens.


Les trois premiers ministres des territoires se sont réunis une dernière fois autour de leur table de travail qu’ils ont bien nommée « The Northern Forum ». Une dernière fois, car de ces trois joueurs charismatiques que sont Eva Aariak (Nunavut), Floyd Roland (TNO) et Dennis Fentie (Yukon), l’un d’eux, le premier ministre du Yukon, a profité de cette 9e édition pour annoncer qu’il quittait la politique territoriale.

En conférence de presse le 28 avril dernier, après les sincères courtoisies d’usage envers M. Fentie (un des fondateurs de ce forum), les leaders septentrionaux ont tout de même exposé le fruit de leurs précédentes rencontres qui se voulaient axées sur l’énergie et les changements climatiques. Ils ont ainsi distribué deux documents unilingues et soigneusement illustrés : l’un explique simplement la stratégie panterritoriale adoptée pour faire face aux impacts des changements climatiques alors que l’autre fait état de l’inventaire des projets énergétiques renouvelables entrepris en 2009 à travers les territoires canadiens.

Les trois premiers ministres ont également énuméré les enjeux auxquels ils se sont attaqués durant leur rencontre. « En continuation du travail que nous avons conjointement accompli pour placer les territoires canadiens dans un lieu où ils peuvent influencer les décisions nationales afin d’en faire bénéficier nos territoires, nous avons rencontré le représentant canadien du Conseil de l’Arctique », de déclarer Floyd Roland.

Selon les gouvernements territoriaux, le forum est tombé à point pour préparer la toute prochaine Réunion ministérielle du Conseil de l’Arctique. Cette biennale se déroulera à Nuuk, au Groenland, dès le 12 mai 2011 et marquera la 10e édition des réunions des huit pays membres du Conseil de l’Arctique que sont le Canada, le Danemark, la Finlande, l’Islande, la Norvège, la Russie, la Suède et les États-Unis.

La réinstauration du poste d’ambassadeur de l’Arctique, l’identification des priorités arctiques et la mise en place d’un fonds pour la création d’un secrétariat autochtone ont fait partie des sujets discutés en vue d’assurer une position canadienne unie pour cette réunion. Alors que le Canada prendra la présidence du conseil dès 2013, les trois territoires espèrent tirer leur épingle du jeu sur des sujets qui affectent particulièrement leur population. « Nous avançons des solutions pour obtenir des collectivités durables et en santé, afin d’aider le gouvernement à améliorer les soins de santé dans nos régions », présente le premier ministre ténois. Les territoires souhaitent la prolongation d’un fonds de 30 millions de dollars pour poursuivre les différentes initiatives propres aux trois territoires, mais profondément ancrées dans le reste de l’Arctique. Les TNO possèdent un plan sur trois ans qui se concentre sur le bien-être, l’accessibilité, et la durabilité des services. Le Yukon a établi le syndrome d’alcoolisme fœtal comme étant sa priorité et cherche à identifier de meilleures stratégies pour l’identification, le transfert d’information et la prévention de ce fléau. Le Nunavut quant à lui se penche sur la prévention des maladies chroniques au sein de sa population.

L’hôte du forum a poursuivi l’énumération des enjeux nordiques avec l’accessibilité au logement abordable, la dévolution, le maintien de l’ordre dans le Nord et les besoins en infrastructure.

En réponse aux questions de la presse des trois territoires, le premier ministre Floyd Roland a avancé que les futurs changements au sein des gouvernements territoriaux pourraient modifier quelque peu cette vision septentrionale, mais assure « que les nouveaux gouvernements en place étudieront ces politiques et essayeront de trouver des moyens pour les améliorer ».