Littérature jeunesse : Transmettre l'amour de la lecture

29 janvier 2015
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Un des plus récents titres d'Andrée Poulin, avec illustrations d'Isabelle Malenfant. Lu de la maternelle à la sixième année, il montre l'habileté de l'auteur à aborder des thèmes sensibles sans pour autant devenir sentencieuse.

Un des plus récents titres d'Andrée Poulin, avec illustrations d'Isabelle Malenfant. Lu de la maternelle à la sixième année, il montre l'habileté de l'auteur à aborder des thèmes sensibles sans pour autant devenir sentencieuse.

Amener à réfléchir en évitant la morale
 

Non seulement les jeunes inspirent parfois Andrée Poulin, mais écrire pour eux ralentit son vieillissement!

Si la Franco-Ontarienne Andrée Poulin a publié plus d'une trentaine de titres depuis le début des années 2000, La plus grosse poutine du monde (Bayard) a particulièrement canalisé les hommages. Ce roman jeunesse a valu à son auteur le prix TD Littérature jeunesse ainsi que le prix littéraire Le Droit; elle a également été finaliste pour trois autres prix.
L'histoire en deux mots? Celle d'un adolescent qui veut établir le record Guinness de la plus grosse poutine au monde... pour retrouver sa mère et faire réagir son père. Est-ce là la recette Poulin, un message enrobé dans l'excentricité?
« Les messages, les jeunes n'aiment pas ça, nuance Andrée Poulin. Je veux d'abord les divertir, mais si je peux en même temps les amener à découvrir des choses et à réfléchir, tant mieux! Toujours en évitant de faire la morale. »
Pour esquiver ce piège, Andrée Poulin tente, à chaque nouvelle histoire qu'elle commence, de se mettre dans la tête d'un jeune... mais avec les outils d'un adulte. L'exercice a le mérite de lui conserver la jeunesse. D'ailleurs, confie-t-elle, les commentaires des jeunes, lors de ses ateliers, l'inspirent beaucoup. L'idée de base d'Une cachette pour les bobettes, à paraître en 2015 aux éditions Druides, avec des dessins de Boum, provient d'une mésaventure arrivée à un jeune qui a participé à un de ses ateliers à Trois-Rivières.

Le goût de lire
Du 26 janvier au 2 février, Andrée Poulin visite les classes d'immersion de Sissons et de William McDonald, dans le cadre de la 35e année d'immersion à la Commission scolaire de district no 1 (YK1). C'est également le 75e anniversaire de YK1. Dans ces ateliers de lecture, l'auteure, qui signe autant des romans que des albums illustrés, parle avec beaucoup d'humour et d'anecdotes de son métier, de ses nombreuses recherches pour trouver des idées. « Si j'ai donné aux élèves le goût de lire, j'ai réussi ma rencontre, affirme Andrée Poulin. Avec tous les écrans, faire lire un enfant est un défi énorme en 2015. »
Comme à son habitude, Andrée Poulin travaille actuellement sur plusieurs œuvres en parallèle. Parmi celles-ci, un roman pour adolescent ayant pour cadre l'Afrique, où elle a vécu, et qui lui a déjà inspiré La Disparition du bébé chocolat. « Il me reste peut-être encore un an de travail pour compléter le roman », suppute Andrée Poulin.
En 2015 ou 2016, elle signera aux éditions de la Chenelière un ouvrage destiné à aider les enseignants à créer des activités pédagogiques autour de la littérature jeunesse.