Traditions autochtones: Le « Cercle Sacré »

19 décembre 2008
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L’entreprise de conseil et de soutien psychologique cofondée à Yellowknife par Rita Chretien et son mari Wanbdi Wakita intervient auprès de publics confrontés au suicide ou aux traumatismes reliés à une enfance passée dans un pensionnat.

« Nous travaillons en prévention du suicide auprès de familles et de jeunes, nous nous déplaçons dans des écoles pour parler de ce problème et nous accueillons des familles ou des groupes qui sont concernés par un processus de deuil relié à un suicide », explique Mme Chretien.

Depuis cinq ans, elle reçoit aussi des adultes autochtones qui ont vécu des années de pensionnat. « Je travaille avec d’anciens pensionnaires qui souhaitent changer leur vie et qui ont assez de motivation pour parler de ce qu’ils ont vécu, dit-elle, car ce processus est extrêmement douloureux pour la personne qui doit faire face à de tels souvenirs. Avec mon mari, nous organisons des cérémonies de parole et de prière, soit au bureau, soit en pratiquant des activités traditionnelles en forêt. » Ces cérémonies sont organisées selon ce que Mme Chretien définit comme une tradition autochtone, à savoir que les personnes en demande de guérison s’assoient en formant un cercle. Chacun s’exprime tour à tour pendant que l’assistance écoute. Des prières au tambour accompagnent ce processus. Outre ces cérémonies, Mme Chretien offre deux soirées par semaine réservées à des cercles de parole. « Le lundi soir, je reçois des femmes, le mercredi soir des hommes. Nous nous asseyons par terre, nous mettons des bougies, nous mangeons ensemble et les personnes parlent l’une après l’autre. Elles partagent et surtout elles savent qu’elles peuvent parler et être écoutées.» Voix autochtone, voie de guérison par le « Cercle Sacré » dont Mme Chretien est la gardienne.

L’an dernier, à quelques kilomètres au sud-ouest de Fort Smith, a eu lieu une cérémonie inattendue : une danse du soleil. « Mon mari est un chef de la danse du soleil et nous avons organisé cette cérémonie pour la première fois l’été dernier. » Un événement qui a reçu un fonds de la part du Conseil des arts des Territoires du Nord-Ouest par le programme Northern Performers, qui soutient les événements festifs locaux. « Cette danse se pratique dans toute l’Amérique du Nord, poursuit Mme Chretien. Mon mari a eu une vision comme quoi il devait en faire ici. Ce fut un événement très important, une centaine de personnes sont venues et, pendant cinq jours, les danseurs ont prié tout en dansant, sans boire ni manger. Tout le temps où ils dansent, ils prient et ces prières profitent à tous les participants qui souhaitent une guérison personnelle. C’est une cérémonie d’une grande profondeur spirituelle et très puissante!» Le couple est actif depuis de nombreuses années dans le domaine de la guérison par des méthodes traditionnelles autochtones.

Mme Chretien a des ancêtres Cris de l’Alberta, elle a un diplôme en travail social de l’université de l’Alberta et souhaite poursuivre sa maîtrise dès cet automne. M. Wakita est né au Manitoba. En 1982, il était chef de la Nation sioux de la vallée du Dakota. Il a travaillé en tant que conseiller auprès du ministère de la Justice du Canada en ce qui concerne la justice autochtone et il retournera dès janvier prochain à la prison de Stony Mountain, à Winnipeg, à titre d’Aîné de la nation sioux pour intervenir auprès des prisonniers d’origine autochtone.