Arsenic à la mine Giant : Toujours en évolution

01 novembre 2012
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(Photos : Noémie Bérubé) Adrian Paradis, le directeur par intérim du projet d’assainissement de la mine Giant aux Affaires Autochtones et Développement du Nord Canada a pris quelques instants pour montrer des champignons arsenic qui s’attaquent et mangent l’arsenic.

(Photos : Noémie Bérubé) Adrian Paradis, le directeur par intérim du projet d’assainissement de la mine Giant aux Affaires Autochtones et Développement du Nord Canada a pris quelques instants pour montrer des champignons arsenic qui s’attaquent et mangent l’arsenic.

Les installations souterraines pour l’étude d’optimisation de la congélation du trioxyde de diarsenic de la mine Giant n’ont toujours pas atteint leur stade final d’opération.
 

Au mois d’octobre 2012, plusieurs étapes étaient encore à réaliser pour compléter l’assainissement de la surface extérieure de la mine Giant, et ce, d’ici à 2017.
Actuellement, l’équipe responsable du projet regarde des scénarios techniques, notamment la possibilité de geler à partir des cloisons déjà installées pour étendre la congélation à l’ensemble de la galerie. En cas de difficulté, Adrian Paradis, le directeur par intérim du projet d’assainissement de la mine Giant aux Affaires Autochtones et Développement du Nord Canada, indique que l’équipe pourrait envisager de forer des trous dans la galerie afin d’y injecter de l’eau et ainsi favoriser une meilleure congélation. « La prochaine étape dans le processus d’optimisation pourrait être la congélation ». Cependant, cette possibilité est toujours en discussion et elle est en train d’être examinée par l’étude de congélation, car l’équipe ne sait pas encore si elle mettra réellement de l’eau dans les chambres. Pour l’instant, l’étude de congélation fonctionne très bien, elle dépasse les attentes, selon le responsable.
Également, l’équipe du projet d’assainissement de la mine Giant a terminé il y a quelques mois des sessions publiques en collaboration avec l’Office d’examen des répercussions environnementales de la vallée du Mackenzie pour regarder l’impact que le projet aura sur l’environnement. L’Office travaille actuellement à l’élaboration d’un rapport qui sera remis aux ministres et ces derniers prendront les décisions en tenant compte du rapport quant à l’avenir de la mine Giant. S’il est approuvé, cet accord permettra de poursuivre les démarches pour les licences d’eau et les permis d’utilisation des terres remis par l’Office des terres et des eaux de la vallée du Mackenzie. Dans le passé, ils ont fait une demande auprès de l’Office des terres et des eaux pour obtenir un permis des eaux pour être en mesure de réaliser le projet. La ville de Yellowknife et la Nation Deneh tenaient à ce que le projet aille à l’Office d’examen des répercussions environnementales de la vallée du Mackenzie, car il s’agit d’une autre étape « examinant » en profondeur quelles pourraient être les répercussions sur l’environnement et les manières de les prévenir. La construction du plan a commencé en juin 2009 et l’étude est passée au stade d’exploitation au début 2011.
Aussi, les zones qui correspondent à 14 des 15 chambres qui contiennent du diarsenic de trioxyde sont toutes scellées, à l’exception d’une. Il n’y aura aucun ajout aux chambres déjà remplies. Une autre phase sera de construire des cloisons dans l’aire inoccupée. Dans le plan d’assainissement, l’équipe suggère de prendre les débris des bâtisses en surface ou de la terre qui sera extraite ou creusée afin d’y retirer des hydrocarbones (de l’essence, de l’huile contaminée, etc. ) et de les congeler sous terre. Des ingénieurs effectuent actuellement des simulations sur leurs ordinateurs pour voir ce qui pourrait étudier les différents scénarios qui pourraient se produire.
En octobre dernier, des permis devaient encore être obtenus et les commentaires finaux sur l’étude environnementale devaient être rédigés. L’équipe du projet d’assainissement de la mine Giant possède un permis permettant de forer autour du ruisseau Baker. Il y a quelque temps, elle a fait une demande pour effectuer des travaux souterrains et pour détruire le complexe de grillage, qui renferme une dizaine de bâtisses contaminées. Désormais, pour accomplir ces travaux, elle a besoin d’un permis d’eau.
De plus, lorsque toutes les aires de congélation seront achevées, il y aura 900 tuyaux. Adrian Paradis a prédit qu’un tuyau sur les 900 aura peut-être besoin d’être remplacé tous les 10 ans. Les chambres se situent à quatre endroits et le nombre de systèmes de congélation demeure inconnu jusqu’à la phase finale du design. Une fois que les chambres seront gelées, « nous n’aurons plus jamais besoin de revenir, il y aura des accès maintenus en cas d’urgence, mais l’intention est de ne pas avoir à de descendre sous terre », a stipulé M. Paradis. Il a d’ailleurs ajouté : « je crois que la congélation sera stable pour une longue période de temps, pour toujours, je ne suis pas certain. » Cependant, il y aura toujours une présence à la surface, l’équipe préférerait qu’il n’y en ait pas sous terre.
Bientôt, le processus de congélation sera terminé, ce processus prend environ entre 18 et 24 mois. Maintenant, ils essaient de l’optimiser pour obtenir un meilleur gel et le répéter dans les autres chambres, car il y a différentes géométries. Les cavités sont de différentes formes, il y en a certaines qui ont été conçues expressément pour accueillir le trioxyde de diarsenic qu’ils entreposent.
La situation actuelle à la mine Giant représente le pire scénario imaginé. En conséquence, un système de traitement des eaux doit être présent sur le site pour les 100 prochaines années. Actuellement, l’eau peut se rendre dans les chambres, mais pour empêcher que cela se produise fréquemment, une pompe récupère l'eau et la dirige vers la station de traitement. Si cette dernière flanche, le système de congélation va empêcher l’eau de se rendre jusqu’à l’arsenic. Donc, dans un tel cas, il faudrait retraiter l’eau recueillie près des chambres, s’il est possible de la recueillir, évidemment. Ainsi, le système de traitement d’eau agira pour enlever le trioxyde de diarsenic dans l’eau et au bout du compte, remettre cette eau dans l’environnement dans la baie de Yellowknife. Cette eau sera traitée selon des standards établis. Il est cependant impossible de retirer tout l’arsenic présent dans l’environnement, car cette substance est présente naturellement dans les paysages extérieurs. En effet, il existe deux variétés d’arsenic, dont l’arénopycrite que l’on retrouve à l’état naturel dans le sulfure d’arsenic de fer présent dans la roche à la mine et partout dans le Bouclier canadien. L’autre type, c’est le trioxyde de diarsenic, qui est un sous-produit de grillage de l’or, que l’on n’exploite plus, mais dont l’extraction a laissé des traces. C’est en fait ce dernier type d’arsenic que l’on veut recueillir et congeler. Par ailleurs, les chances qu’un bloc (de roche congelée) se détache sont très minimes. Beaucoup d’autres choses arrêteront de fonctionner avant qu’un bloc commence son dégel et cela pourrait nécessiter des centaines d’années avant que l’eau contenue se répande jusque dans les chambres.
L’équipe du projet d’assainissement de la mine Giant travaille activement sur un plan formel pour « retracer » des nouvelles technologies visant à neutraliser l’arsenic. Tous les 10 ans, l’équipe produira un rapport sur les techniques récentes existantes pour voir si elles pourraient correspondre aux besoins de l’ancienne mine d’or. Le plan d’assainissement prendra 10 ans à réaliser à partir de la mise en œuvre. Cette dernière dépend actuellement de l’Office d’examen des répercussions environnementales de la vallée du Mackenzie et de l’Office des terres et des eaux de la vallée du Mackenzie.
Des audiences publiques se dérouleront les 6 et 7 novembre prochain pour entendre les recommandations et les craintes face aux travaux que les opérateurs de la mine auront besoin d’effectuer.
Adrian Paradis rappelle que le projet d’assainissement de la mine Giant est géré en priorisant la santé du public et l’environnement.