Les Hôtesses d’Hilaire : Touche-moi pas là

L’exploit accompli par Les Hôtesses d’Hilaire avec leur troisième album fait en sorte que ce disque paru l’automne dernier soit de nouveau d’actualité.

Pour la première fois depuis la création du prix récompensant le disque alternatif de l’année à l’ADISQ, un artiste francophone hors Québec se retrouve finaliste dans cette catégorie.
Cela témoigne surtout du niveau de performance atteint par le groupe de Moncton sur Touche-moi pas là. Le quintette ne rivalise plus avec ses contemporains francophones, mais il donne le ton.


Ça s’entend dans l’urgence de Machine à bière, où les histoires de brosse s’enfoncent les unes dans les autres en moins de deux minutes, à la vitesse où le groupe vide les canettes. Cette concision permet aux Hôtesses d’Hilaire de faire preuve d’une nouvelle efficacité qui s’enchaîne sur Regarde-moi à mi-chemin entre délires blues rock et critique sociale sur le narcissisme virtuel.

Pourtant, Touche-moi pas là prend véritablement son envol à chaque tour de force néo-psychédélique où tout est aligné ; la précision sonore du groupe, la justesse du propos, la nature brute mise en musique avec authenticité et l’approche déjantée qui se réconcilie tant au sérieux de la démarche du quintette qu’à ses référents locaux.
C’est dans ce contexte qu’on plonge dans les beaux jours du charnel Club Deauville de Tracadie-Sheila ou dans l’analyse des risques du micro-ondes, étalées sur quelques dix minutes sur C’est Glen qui l’a dit. La ligne a beau être mince entre l’excès et la confiance, le groupe redouble d’audace en prenant assez de risques pour pousser sa proposition à d’autres niveaux. D’ailleurs, Super Chiac Baby est peut-être une des plus redoutables remises en question des identités linguistiques néo-brunswickoises.

Parmi les envolées rock et les brûlots agiles, Les Hôtesses d’Hilaire livrent Fais faillite en guise de point d’orgue à ce troisième disque. Entre son refrain — qui fait partie des plus mémorables vers d’oreille à sortir du pays dans les dernières années — et son groove compétent inspiré des années 1970, ce titre est une redoutable critique sociale de l’ironie de la société de consommation, en cinq étapes. Ici, l’intention pop ressort du lot grâce à son mordant, son intelligence et son originalité. On en prend deux caisses, et on leur souhaite la meilleure des chances à l’ADISQ.


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