Politique : Thomas Mulcair mène désormais la vague orange

29 mars 2012
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TORONTO – C’est au terme du quatrième tour de scrutin que Thomas Mulcair a été élu chef du Nouveau Parti démocratique (NPD). Celui-ci a remporté les faveurs de 33 881 des membres, soit 57 % de ceux qui ont voté. Lors de ce quatrième tour de scrutin, seuls M. Mulcair et Brian Topp, soit deux candidats québécois, étaient encore en liste.
Élu à moins d’une semaine du dépôt du budget fédéral, M. Mulcair n’aura pas beaucoup de temps pour apprivoiser ses nouvelles fonctions. Déjà le lendemain de son élection (25 mars), le nouveau chef a rassemblé ses troupes pour un premier caucus.
Le vainqueur qui a été accusé de vouloir rapprocher le NPD du centre de l’échiquier politique canadien a triomphé sur Brian Topp, qui promettait de suivre sur la lancée actuelle sans trop effectuer de changements majeurs au sein du parti. « Je demeure un de ceux qui continuent de croire qu’il faut rafraîchir notre discours, moderniser notre approche », confirme M. Mulcair. S’il a l’intention d’apporter des changements au sein du caucus, il assure qu’ils se feront en douceur et qu’ils ne seront pas nombreux.
Moins de 50 % des membres du NPD qui en compte 131 152 ont participé au premier tour de scrutin. D’ailleurs, le premier tour est celui qui a eu le plus haut taux de participation, les autres rondes se contenant d’un taux de participation de 47,6 % pour la deuxième, de 47,8 % pour le troisième tour et de 45,3 % au tour final.
Ronde par ronde
Après le premier tour, Martin Singh et Paul Dewar, respectivement au sixième et cinquième rang, ont choisi de se retirer de la course tandis que Niki Ashton a d’office été éliminée puisqu’elle a récolté le moins grand nombre de votes. Si Martin Singh a annoncé qu’il appuyait désormais Thomas Mulcair, Niki Ashton et Paul Dewar ont préféré taire leur préférence et laisser leurs partisans faire leur choix. Cette stratégie s’est transformée en tendance puisqu’aucun autre candidat éliminé n’a publiquement accordé son appui à un de ses collègues toujours dans la course.
La deuxième ronde a été fidèle à la première, les candidats ont tous pris le même rang que lors de la précédente. Ainsi, c’est Peggy Nash qui s’est vue montrer la sortie avec 10 519 voix, soit 16,8 % du vote. De son côté, Thomas Mulcair consolidait son avance en creusant l’écart entre lui et Brian Topp jusqu’à 13,2 points de pourcentage.
Respectant une fois de plus l’ordre établi lors du premier tour de scrutin, c’est Nathan Cullen qui a été éliminé lors de la troisième ronde. Celui-ci a amassé 24,6 % des voix alors que Brian Topp et Thomas Mulcair ont respectivement récolté 31,6 % et 43,8 % de voix.
Problèmes techniques
L’élection du nouveau chef néo-démocrate n’a pas échappé aux difficultés techniques. En fait, le deuxième et particulièrement le troisième tour de scrutin ont dû être prolongés afin de permettre aux membres de voter. L’organisation a dû réagir aux problèmes rencontrés en faisant passer le temps de vote d’une heure et quart, initialement prévue, à un peu plus de trois heures dans le cas du troisième scrutin.
Considérant qu’un faible taux des membres en règle du NPD aient opté pour le vote électronique, soit quelques milliers pour chaque tour de scrutin, il a été difficile pour le NPD d’expliquer qu’un achalandage élevé sur le site Internet était à la source du problème mentionné par Sitel Canada, entreprise qui gère le système de vote.
Après avoir affirmé que les difficultés rencontrées n’étaient pas reliées à une quelconque forme de piratage électronique, la présidente du NPD, Rebecca Blaikie, a démenti ses paroles en expliquant que « les retards étaient dus à quelqu’un à l’extérieur du système de vote qui tentait de causer des ennuis au système électoral du NPD ».
La situation s’est répétée au quatrième tour de scrutin, et ce, même si les deux adresses IP identifiées comme posant un problème au tour précédent avaient été isolées. « Un nombre incroyable de personnes essaient de se connecter au site Internet chaque minute. C’est un nombre plus grand que tous les membres du parti réunis, explique-t-elle. Pour le moment, ce qui est important c’est que les membres aient eu l’occasion de voter et demain on procédera à une enquête pour savoir ce qui s’est passé. »
Malgré tout, les dirigeants assurent que l’intégrité du vote a été préservée à tout moment. Ils expliquent la situation en comparant ce qui s’est passé à l’équivalent de quelqu’un qui tente d’entrer dans un domicile par effraction, que l’alerte soit sonnée et que l’individu en question quitte immédiatement sans être entré.