Territoire Akaïtcho: Des recommandations peu surprenantes

15 février 2008
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Le 6 février dernier, l’Office d'examen des répercussions environnementales de la vallée du Mackenzie a soumis ses recommandations au ministère des Affaires indiennes et du Nord sur le projet d’exploration minière de la compagnie Sidon International sur les berges du lac Defeat.

Les premiers concernés par ses recommandations veillant à préserver l’intégrité de l’héritage culturel des premières nations Dénées de Yellowknife (YKDFN) sont les peuples akaïtchos proches de la capitale. Ils ont accueilli ces dernières mesures sans trop de surprises argumentant qu’ils s’attendaient à cette annonce.

«Ce rapport est à 99 pour cent identique au rapport qui a été produit par l’office à la fin novembre 2007 et qui traitait de projets similaires engagés par la compagnie Consoldiated Goldwin Ventures autour de la baie Drybone, déclare Phil Moonson, directeur des négociations territoriales des YKDFN. Nous savons que la compagnie Sidon est dirigée par les mêmes investisseurs que ceux de la compagnie CGV. D'ailleurs, la plupart de nos correspondants réfèrent à ces projets comme à un tout».

Ce dernier ajoute que son groupe exprime constamment ses préoccupations aux différents paliers des représentants gouvernementaux et les presse de mettre en attente toute délivrance de permis.

Les recommandations de l’Office d'examen des répercussions environnementales de la vallée du Mackenzie pour le projet Sidon se résument en trois mesures. La première veut assurer l’identification des sites historiques en balisant au préalable toutes les routes d’accès et les points de forage à l’aide d’un aîné et d’un archéologue. La seconde demande à ce qu’aucune activité de développement ne s’effectue à moins de 100 mètres d’un site archéologique, funéraire ou culturel connu ou suspecté. La troisième impose à la compagnie de ne pas construire de route de glace pour rejoindre le lac, mais plutôt d’utiliser un hélicoptère. Seules des motoneiges voyageant des sites de campements adjacents seront autorisées. Les premières nations Dénées de Yellowknife devront avoir un rôle dans le choix de l’emplacement de ces campements.

Depuis 2003, l’Office environnemental a évalué six projets dans cette région et d’après Gabrielle Mackenzie-Scott, la présidente de ce tribunal indépendant crée en 1998, elles sont vraisemblablement liées à l’exploration diamantifère. «Nous avons émis trois mesures conditionnelles à l’approbation de cette exploration minière, explique Mme Mackenzie-Scott. Une mesure diffère d’une suggestion dans ce sens, qu’elle est plus contraignante au niveau du système parlementaire. Maintenant nous devons attendre que le ministère des Affaires indiennes et du Nord suive ou non nos recommandations».

C’est justement ce qui révolte Fred Sangris, le chef de la première nation Dénée de Yellowknife à Dettah. Il a déclaré à L’Aquilon que ce ne devrait pas être des bureaucrates d’Ottawa qui décident des enjeux qui affectent tellement son peuple et sa terre, mais plutôt eux-mêmes les YKDFN. «C’est un territoire déclaré inaliénable, dit-il. Dans le cadre de nos négociations territoriales, le fédéral doit faire cesser toutes activités après échéances des licences en cours. Il ne devrait pas être permis que l’exploration continue sous aucun renouvellement de licences. Cette terre est énormément plus riche pour nous dans son état naturel. Nous n’avons pas besoin de l’argent des multinationales, nous avons besoin de vivre en connexion avec notre terre et sa faune. Nous sommes de moins en moins patients avec les jeux de pouvoir et de profit qui se font dans les coulisses. Nous savons de toute façon que cela va avoir un impact sur notre héritage», conclut-il.

Pour l'instant, aucun calendrier n’est fixé en ce qui concerne les prochaines étapes de ces projets d’explorations minières.