Économie du savoir : Sur le seuil d'un développement accru

08 mai 2014
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La rectrice du Collège Aurora, Jane Arychuk.

La rectrice du Collège Aurora, Jane Arychuk.


Le Aurora Research Institute est sur le seuil de devenir admissible à des bourses de recherche des agences des grands conseils.
Affilié au Collège Aurora, le Aurora Research Institute effectue déjà de la recherche dans un grand nombre de domaines par l’entremise de ses divers partenariats avec des universités du Sud. Mais ses dirigeants visent l'autonomie. Ils ont donc rempli une demande pour avoir accès au financement des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie (CRSNG) et du Conseil de recherches en sciences humaines ((CRSH). « Nous travaillons sur ce dossier depuis des années, de dire la rectrice du Collège Aurora, Jane Arychuk, et nous sommes plus proches du but que nous ne l'avons jamais été. » Pour être admissible au financement, il fallait mettre en place à l'Aurora Research Institute certains protocoles et procédures. La réponse devrait arriver d'ici six mois et, à en croire Jane Arychuk, elle ne peut qu'être positive. Cette accréditation, affirme-t-elle, va changer beaucoup de choses; elle va augmenter les revenus et le rayonnement de l'Aurora Research Institute et attirer plus de chercheurs du Sud.
Paru il y a quelques semaines, L'état du savoir nordique au Canada, le rapport de la Commission canadienne des affaires polaires, préconisait de développer le savoir nordique comme un secteur économique en tant que tel, « ayant ses propres besoins de croissance et ses possibilités de génération de revenus ». Jane Arychuk considère que c'est déjà fait; elle rappelle qu'à Inuvik, le Western Arctic Research Centre attire un bon nombre de chercheurs chaque année et contribue ainsi, à sa mesure, à l'économie de la municipalité. Mais avec l'admissibilité aux bourses de recherche des agences des grands conseils, le savoir nordique occupera une place encore plus grande dans l'économie, avec de surcroît l'entrée en service de la Station de recherche du Canada dans l'Extrême-Arctique, au Nunavut.


La rentabilité du savoir
Le directeur du Collège Nordique francophone, Jean-Pierre Joly, est de ceux qui croient qu'il y aura bientôt une sorte de Ruée vers le Nord en matière de recherches et qu'il appartient aux établissements locaux d'en tirer parti pour augmenter le leadership et les revenus des TNO. « Il y a une connaissance du Nord, avance-t-il, qui va se développer en matière d'environnement, de politique, de socioéconomie, etc. Le Nord est une terre vierge appelée à des changements majeurs et à des questionnements à toutes sortes de niveaux. De plus en plus de gens vont venir ici. » Le directeur général du Collège Nordique francophone spécule sur l'opportunité de remettre à jour certains anciens projets du Collège, comme un certificat en études nordiques et une formation en écotourisme d'aventure. Un autre projet, qui pourrait être remis sur la table, impliquait un partenariat avec le Cégep Ahuntsic au Québec dans le domaine des mines, avec des stages aux Territoires du Nord-Ouest. « Ça pourrait encore être quelque chose de très structurant pour ici », de spéculer Jean-Pierre Joly. La sous-ministre à l'éducation, Rita Mueller, est également convaincue que le développement local d'infrastructures de savoir peut être un grand débouché économique pour les TNO. L'Aurora Research Institute est appelé à y jouer un grand rôle, lui qui a accordé déjà la plupart des permis pour la recherche aux Territoires.
Jean-Pierre Joly soulève que le réseau de télécommunications est pour l'instant un obstacle à la mise en place d'une économie de l'éducation. Mais, rappelle Jane Arychuk, le réseau de fibre optique des TNO devrait être opérationnel en 2016.