Vingt-cinquième anniversaire d'Allain St-Cyr : St-Cyr, une construction collective

04 juin 2015
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Allain St-Cyr (à gauche) habite désormais l'Alberta mais il a une invitation permanente pour visiter l'école qui porte son nom. Il en a profité lors du 25e anniversaire,
où il a notamment pu rencontrer l'actuel directeur général de la Fédération franco-ténoise, Jean de Dieu Tuyishime. Reportage en pages 6 et 7. (Denis Lord)

Allain St-Cyr (à gauche) habite désormais l'Alberta mais il a une invitation permanente pour visiter l'école qui porte son nom. Il en a profité lors du 25e anniversaire, où il a notamment pu rencontrer l'actuel directeur général de la Fédération franco-ténoise, Jean de Dieu Tuyishime. Reportage en pages 6 et 7. (Denis Lord)

Denis Lord

C'est pas moi qui l'ai fondée! – Allain St-Cyr

Musique, prix, jeu, mimoclip, souvenirs et discours, il y en a eu pour tous les goûts lors de la commémoration du 25e anniversaire de l'école Allain St-Cyr, le 29 mai dernier. Il y a même eu M. St-Cyr lui-même!
Sous la supervision de Cathy Roy, l'école s'était faite toute belle pour accueillir la visite. Faisaient partie de la décoration des archives rappelant différentes étapes de ce quart de siècle, parmi lesquelles des photographies des portatives où débutèrent les cours et un poème écrit à huit ans par René Pitre, fils de l'actuel président de l'Association franco-culturelle de Yellowknife et du Conseil de développement économique des Territoires du Nord-Ouest, Jean-François Pitre.
Jean-François Pitre était président du Conseil des commissaires au moment où l'école a été construite. « Vers 1996-1997, rappelle-t-il, nous avons eu vent qu'il y aurait peut-être des fonds pour bâtir Allain St-Cyr. Ce n'était pas tout le temps facile parce qu'il fallait impliquer le territorial et dans le temps, les francophones n'étaient pas si hauts dans leur liste. Finalement, avec la Division des Territoires en 1999 et le fédéral, les choses ont avancé. Quelqu'un du fédéral est venu ici avec sa fille de 10 ans, je luis ai dit carrément : « Tu mettrais ton enfant à l'école ici? » Il a répondu non. « Alors il serait temps que vous mettiez des fonds et que vous nous bâtissiez une école qui a de l'allure. »

Je ne suis pas mort!
C'est en lisant L'Aquilon qu'Allain St-Cyr a eu vent des célébrations du 25e anniversaire de l'école qui porte son nom – malgré lui, a-t-il affirmé. Aujourd'hui à Edmonton, il était déjà revenu à Yellowknife pour le 20e anniversaire, et les élèves avaient été étonnés de rencontrer un monsieur différent de la photo ornant un mur de l'établissement. « J'ai vieilli, je suis pas aussi beau que sur ma photo, leur avait-il déclaré, mais ça va bien mes affaires! »
M. St-Cyr a été, rappelle-t-il, le premier président d'un organisme qui s'appelait à l'époque l'Association culturelle franco-ténoise et qui s'occupait surtout d'activités culturelles. À l'époque, la francophonie n'était pas structurée. « Nous étions ici, illustre-t-il, en parlant des francophones, mais nous étions comme des bleuets dans un champs, il fallait regarder en dessous des feuilles pour nous trouver. »
Forte de ses membres, l'Association a ajouté l'éducation à la culture dans ses mandats. Elle a participé à la fondation d'une école d'immersion à la Commission scolaire catholique, d'abord tardive, puis commençant dès la maternelle, un engagement motivé par la crainte de l'assimilation, dont celle des propres enfants d'Allain St-Cyr.
Puis, lorsque la femme d'Allain St-Cyr est décédée, celui-ci est retourné vers sa Saskatchewan native avec ses quatre enfants afin d'y trouver du soutien. Ultérieurement, on l'appela pour donner son nom à la nouvelle école. Il leur répondit qu'il n'était pas mort, se souvient-il aujourd'hui en s'esclaffant. « Mais c'était tout un honneur, confesse M. St-Cyr. Et c'est comme ça que l'école St-Cyr est arrivée, mais c'est pas moi qui l'ai fondée. »

Honneur aux parents
La participation des parents dans la création de l'école d'Allain St-Cyr a été soulignée à maintes reprises par les orateurs de la soirée, eux-mêmes des parents. Le président de l'Association des parents ayants droit de Yellowknife (APADY), Jacques Lamarche, a rendu hommage à ceux et celles qui se sont impliqués dans les divers rouages de l'établissement, les commissaires notamment. En tant que vice-président de la Commission nationale des parents francophones, il a remis à la présidente de la CSFTNO, Suzette Montreuil, le Prix des parents, attribué à un parent qui a fait des efforts envers la communauté francophone.
L'actuelle directrice générale de la CSFTNO a rappelé différents moments de l'évolution d'Allain St-Cyr et a mis en relief l'apport des parents pour faire de St-Cyr ce qu'elle est aujourd'hui.

...Et aux enfants!
Les trois enfants du directeur général de la Fédération franco-ténoise, Jean de Dieu Tuyishime, ont étudié à Allain St-Cyr, deux y ont obtenu leur diplôme. « Ils ont raflé des bannières ici, a insisté M. Tuyishime. Ils ont tout fait ça sans gymnase. Vous imaginez ce qu'on pourrait faire avec un gymnase? Ces serait quelque chose! »
Matthew Brien, aujourd'hui 18 ans, est un autre athlète issu de St-Cyr, où il a étudié de la maternelle à 11e. Pour continuer à progresser au basketball, il est ensuite aller étudier à St. Michaels (Victoria). Il poursuit actuellement des études environnementales à l'Université de Victoria.
Matthew garde un excellent souvenir de St-Cyr. « Tout le monde était vraiment proche, raconte-t-il, c'est quelque chose que j'ai vraiment aimé quand j'étais ici, t'es toujours avec tes amis. Même aujourd'hui je suis toujours avec eux. »